À La Rencontre des Artistes de la Kasbah

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Il y a quelques semaines avait lieu à la Galerie Joseph PARIS « La rencontre internationale des artistes de la kasbah » et on y était 😜.

Cette rencontre artistique organisée par Nourdine Tabbai et Hakima Kassid a réuni des dizaines d’artistes venus du monde entier. D’ailleurs, Hind Ayadi la directrice de notre association Espoir et Creation a eu l’ ocassion d’y présenter un de ses tableaux🎨.

On vous laisse découvrir tout ça en images 😁

D’ailleurs cet été, du 01 au 05 août 2018, c’est dans nos locaux à Garges-lès-Gonesse que se déroulera à nouveau cette rencontre avec des artistes du monde entier ! #comingsoon

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« Histoires de luttes » avec Ballast ! #LutteSociale

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Crédit photo : Cyrille Choupas

Urban Street Reporters s’est rendu à l’événement « Histoires de luttes » organisé par la revue Ballast. Cet événement organisé le samedi 7 Avril à La Générale se situant à Paris, a pour but de faire comprendre les enjeux des luttes et de leurs convergences, avec la présence de trois figures importantes des luttes sociales: Assa Traoré (soeur d’Adama Traoré), Anne-Sophie Pelletier (porte-parole des aides-soignantes de l’EHPAD de Foucherans et Laura (cheminote et syndicaliste SUD Rail).

 

Entrée et Accueil du public

Qu’est-ce que Ballast ? 


 

Ballast est un collectif créé en novembre 2014 représentant 50 bénévoles situés partout en France, en Belgique et au Québec. Ballast crée des articles et organise des événements. La revue est disponible au format numérique mais aussi en format papier. Des thèmes traités autour des luttes sociales, autour de l’émancipation, de l’antiracisme à l’anticapitalisme en passant par les combats autour des luttes écologistes et antispécistes.

Revue Ballast, N° 4 en format papier

Nous avons interviewé Maya Mihindou, une bénévole de Ballast qui nous offre ainsi un aperçu de la revue et de son organisation.

Que fais-tu chez Ballast ?

« Je suis un couteau suisse, au sein de la revue : je fais la mise en page des numéros papier, j’écris des articles et réalise des entretiens ou des illustrations. »

Comment Ballast est organisé ?

« Nous sommes une quarantaine de personnes, dispersées un peu partout en France, mais aussi en Belgique… ce qui n’aide pas toujours à organiser des séances de travail collectives ! Il y a donc le travail au quotidien, pour le site, et celui, au long cours, pour la revue en librairie : ce sont deux espaces différents. On se répartit les tâches, parfois en fonction des sensibilités ou des compétences de chacun : il faut relire, corriger, accompagner l’écriture de certains articles, faire des photos, mettre en page… Autant le site permet une certaine immédiateté, même si nous faisons très peu d’actu, autant il nous faut six mois pour réfléchir et concevoir chaque numéro. »

Comment Ballast se positionne politiquement ?

« On est une sorte de petit carrefour éditorial, un lieu où les différents courants de ce qu’on appelle généralement « la gauche radicale » peuvent discuter, échanger, confronter leurs analyses et leurs pratiques. On s’occupe avant tout de ce qui rassemble, dans l’histoire et de nos jours, ces traditions politiques parfois conflictuelles. On laisse aussi la place à différents langages, de la poésie à l’analyse, du reportage à l’entretien. »


 

« Histoires de luttes »

–   Le lieu   – 

Le lieu où se passe l’événement « Histoires de Luttes » est un endroit chargé d’histoire et se nomme « La Générale ». La Générale est un squat artistique situé à Belleville au 11ème arrondissement de Paris. Le lieu a été inoccupé pendant un certain temps avant que des artistes viennent le revisiter. Nous avons passé un moment à visiter ces lieux dans ses moindres recoins et nous vous proposons quelques clichés :

À l’étage :

 

–   Dans les coulisses de l’événement   –

Nous avons rencontré Nicolas, militant autonome et organisateur de l’événement.

Est-ce que tu peux te présenter ?

« Moi je m’appelle Nicolas, je suis ici pour le Collectif Place des Fêtes pour faire à manger tout à l’heure. J’organise des concerts etc. Je connais des gens à Ballast et je leur ai demandé d’organiser des rencontres avec Assa Traoré et ils ont complété avec deux autres luttes pour faire discuter 3 luttes portées par des femmes. »

Qu’est-ce que La Générale ?

« C’est un collectif d’artistes qui a d’abord ouvert un squat à Belleville qui s’appelle La Générale et ils se sont fait virés et ont obtenu un relogement ici. C’était une ancienne usine électrique qui alimentait les métros. C’est très agréable d’organiser des choses ici. Sur le toit, il y a un jardin. »

Jardin bio de la Générale

Pourquoi avoir organisé l’événement ici ?

« J’avais envie de mélanger, de créer des connexions entre le politique et l’artistique en tant que militant autonome et artiste poète programmateur. J’avais envie que des mondes différents se rencontrent. On attend de cette soirée que les gens viennent pour les danseuses, pour écouter Assa ou les cheminots. »

Comment tu définis ton militantisme ?

« Je pense que je suis militant autonome. Mais ça n’a pas grande importance, ce qui compte c’est ce qu’on fait, monter des cantines populaires, avec le Collectif Place des Fêtes on essaye de faire des actions dehors ou des manifs. » 

Le Collectif Place des Fêtes aux fourneaux !

 

L’échange démarre…

Le public prend alors place, nous nous installons également pour assister à la conférence des 3 intervenantes. L’échange est original, en effet, les intervenantes sont assises parmi le public ceci permettant d’avoir une proximité avec ce qu’elles disent. Elles ont parlé toutes les trois à tour de rôle en racontant leurs luttes, à travers 3 actes (La vie d’avant/ L’événement déclencheur/ Les moyens de lutte et le présent). Nous vous proposons un résumé de ce que chacune des intervenantes a dit.

Assa Traoré a présenté sa famille et la réputation de sa famille auprès du voisinage (surnommée « la famille formidable ») et les liens de sa famille avec d’autres. Il y a ensuite la présentation d’Adama et ses frères, ces derniers ont subi beaucoup d’injustices dans leur vie notamment avec la police, mais malgré tout, la famille a toujours su rester debout en se projetant dans des projets d’avenirs.

Assa Traoré raconte « l’autre vie », le jour où son frère Adama mourra. Sa journée commence à 10h00, il subit un contrôle d’identité et subira des violences physiques de la part des gendarmes. En partant se réfugier, les gendarmes vont le retrouver aux alentours de 19h00, ils le plaqueront par l’usage du plaquage ventral, il hurle et ce dernier n’arrivera plus à respirer. À 23h00, la mère apprend sa mort. Les médias et la justice traiteront sa famille comme des délinquants.

Une marche sera organisée en sa mémoire. Une seconde autopsie sera demandée qui mettra en évidence sa mort par asphyxie. Ceci se passe en 3 semaines, les jeunes du quartier accompagnaient des militants et ce sont les premiers à avoir parler d’Adama Traoré. Une lutte de quartier s’est formée autour d’Adama Traoré, des barbecues et des jeux gonflables sont souvent ramenés dans le quartier. Assa Traoré met en évidence un acharnement judiciaire, ses frères sont mis en prison pour des motifs non prouvés. Plus de 25 jeunes du quartier ont été mis en prison suite à une intervention des gendarmes lors d’un rassemblement pacifique de ces jeunes en soutien à Adama Traoré. Il y a 7 procès en attente contre Bagui, Yacouba a un procès pour violence contre la gendarmerie, Youssouf pour trafic de drogue. Afin de soutenir la lutte pour Adama Traoré et les violences policières, une cagnotte est disponible ici, un livre et des t-shirts sont aussi vendus.

Laura, la militante cheminote au syndicat SUD Rail, raconte sa lutte. Elle tient à déconstruire le « cheminot-bashing », le travail de cheminot est difficile car ces derniers travaillent jour et nuit, dans des heures décalées. Cette dernière n’a pas le statut de cheminot puisqu’elle n’est pas française. La SNCF discrimine ses employés, nous avons l’exemple des travailleurs marocains qui ont récemment gagné un procès contre la discrimination. Les agents de nettoyage n’ont pas non plus le droit au statut puisque ces derniers sont employés par des sociétés de sous-traitances. Elle parle aussi de la grève de ces travailleur.se.s du nettoyage qui sont mal considérés et qui ont pu obtenir gain de cause (obtenir 4 euros pour manger notamment). Par ailleurs, Laura nous fait part de cette anecdote :  la mère d’Assa Traoré faisait partie de ces grévistes. Enfin, elle termine par dire : « la lutte ne s’articule pas autour du statut de cheminot mais de la mise à mort du service public ferroviaire. »

Une cagnotte en ligne a permis de récolter plus de 400 000 euros pour la moitié des cheminot.e.s et de se mettre en grève. Vous pouvez les soutenir avec un don en cliquant ici.

Anne-Sophie Pelletier nous parle de sa lutte pour les EHPAD. En effet, dans cet EHPAD (établissement dans lequel les personnes âgées sont médicalisées) à Foucherans, l’équipe de soignantes qui doit s’occuper de ces personnes fait des journées de 11 heures. Tout doit se faire rapidement. Un EHPAD public peut coûter 1 700 euros par mois tandis que les EHPAD privés peuvent coûter jusqu’à 10 000 euros par mois. Les personnes âgées finissent par diviser de l’argent par rapport aux biens vendus (maison, voiture etc.) afin d’éviter que les enfants mettent la main à la poche. L’équipe de soignantes doit réveiller les personnes âgées en 15 minutes, le soir il faut les faire dormir en 3 minutes. Anne-Sophie nous dit que le soin ce n’est pas seulement de la « rentabilité » et de « l’efficacité » mais aussi de l’humain.

Les soignantes se sont alors mises en grève, à l’annonce de cette grève, les cadres ne l’ont pas prise au sérieux. La revendication principale était des personnes supplémentaires pour s’occuper des personnes âgées, les revendications salariales passent après. La grève s’est financée par le biais d’une cagnotte pour financer les 8/10 personnes de l’équipe qui ont fait grève. La grève a été médiatisée et a duré 117 jours. Anne-Sophie termine sur une note de fin heureuse : « la lutte a été victorieuse. »

 

En entracte, la danseuse Marlène Rostaing et la musicienne Leïla Martial nous offrent une performance sur le thème « Se défendre ». Les deux artistes dansent sur un fond sonore reprenant un enregistrement des cris des manifestants.

Pendant la performance


Nous avons pu nous entretenir avec chacune de ces femmes :

Avec Assa Traoré

Crédit : Cyrille Choupas

Peux-tu te présenter ?

« Assa traoré, sœur d’Adama Traoré, tué le 19 juillet 2016. »

Comment la lutte pour Adama s’organise ?

« Aujourd’hui comme je l’ai dit tout à l’heure, l’argent est le nerf du combat, le système va tout payer pour les coupables et les victimes devront payer de soi-même. On a écrit un livre : Lettre à Adama qui coûte 17 euros et qui permet de financer la lutte. De même, nous avons une cagnotte aussi. On demande aussi de lutter par le fait de partager la page Facebook. »

Est-ce qu’il y a eu des avancées ?

« On aura des avancées sur cette lutte, on est presque à 2 ans du procès, aujourd’hui on attend la mise en examen des gendarmes avant l’été. »

Que représente l’Affaire Adama ?

« L’affaire Adama Traoré est représentatif d’un gros mal-être, de cette France qui va très mal, des violences policières et des gendarmes, des discriminations, du racisme. On parle de la convergence des luttes, c’est un système entier qu’il faut renverser par nos luttes. C’est un système qui fait du mal au pays, à la France, à ses citoyens et qui a fait du mal à mon frère. »


Avec Laura

Crédit : Cyrille Choupas

Peux-tu te présenter ?

« Je m’appelle Laura, je suis cheminote, au syndicat SUD Rail. »

Pourquoi es-tu intervenue à l’événement « Histoires de Luttes » ?

« Ça m’a semblé être un proposition intéressante, le format est différent car c’est pas qu’une conférence. On parle de nos expériences en tant que militante sur nos lieux de travail, c’est important de créer des espaces de convergences des luttes. C’est pour ça que j’ai accepté de venir. »

Pourquoi cette lutte tant que cheminote ?

« Avant tout, d’après les médias on se bat pour notre statut, notre privilège alors que ceux qui n’ont pas la nationalité française n’ont pas le statut. À la SNCF, les sous-traitants de la société ONET dans le 93, on les a soutenus. Il ne faut pas niveler par le bas. On se bat pour le service public, la non-maintenance des transports, l’augmentation du prix du billet, la privatisation de la SNCF. Il y a une espèce de fierté de pouvoir rendre service à ceux qui prennent le train tous les jours. La privatisation en Angleterre a fait grimper le prix des billets. À Londres, le pass navigo est à plus de 300 euros. Ça, ça va toucher davantage les secteurs populaires, les travailleurs, si les prix augmentent ça va être compliqué pour tous. Pour nous, on veut pas être les cheminots en grève, on veut créer une convergence avec tous les autres secteurs : il y a les travailleurs de Carrefour, ceux de l’énergie, d’Air France etc. Toutes les mobilisations qui peuvent agréger les colères face au politique qui veulent nous faire payer les pots cassés. »

Quel est le message que tu souhaites faire passer par rapport à ce que disent les médias ?

« Il y a une analyse à faire, le « cheminot-bashing » que le gouvernement voulait faire passer, Pepy (Président de la SNCF) malgré le fait qu’il veut faire se passer pour celui qui se soucie des usagers est bien content de ses +400 000 euros par an de salaire. Nous, on le considère pas comme un cheminot. Il est du côté de ceux qui font du « cheminot-bashing ». Malgré toute cette propagande, ce matraquage médiatique, de la même manière que les cheminots ont compris qu’ils se battaient pas pour les privilèges, les gens aussi le comprennent. C’est dans les transports publics qu’on va au travail tous les jours. On pourra pas gagner tout seul, il faut chercher la convergence avec d’autres luttes. Derrière, c’est important qu’on gagne pour qu’eux aussi gagnent. Le gouvernement doit être affaibli et moins en force pour faire passer toutes les attaques. »


 

Avec Anne-Sophie Pelletier

Crédit : Cyrille Choupas

Qui es-tu ?

« Je suis Anne-Sophie Pelletier, la porte parole des ex-grévistes des opalines de Foucherans dans le Jura à l’est de la France. »

Mener un mouvement gréviste, comment cela se passait ?

« C’est une école de la vie la grève, on se bat pas pour soi, on se bat pour un collectif, notre collectif c’est les personnes âgées avant nous-mêmes. On a lutté pour la prise en charge de nos aînés dans les EHPAD et ça c’est important car il ne faut pas oublier que nos aînés sont notre patrimoine commun. Si les états, les oublient, ça devient grave, dans les 20 ans qui vont venir le nombre de personne âgées va augmenter de façon exponentielle… On manque de personnel dans nos EHPAD. Si on met pas des politiques par anticipation dans les années à venir, il y aura plus d’accidents de travail etc, on mesure l’état d’une civilisation dans sa prise de ses aînés, de ses malades, de ses blessés.

Notre civilisation qu’est-ce qu’on veut en faire ? Qu’elle meurt ou qu’elle émerge ? Qu’on la change et qu’il y a une convergence des luttes ? Notre avenir c’est l’avenir de nos enfants, et c’est eux qui vont changer les choses. Les soignants demandent de faire leur travail correctement, il faut continuer à se battre, la lutte de Foucherans est victorieuse, on parle des EHPAD, il y a eu une prise de conscience collective et nationale. »

Comment avez-vous tenu plus de 117 jours ?

« On a tenu parce qu’on a eu une solidarité citoyenne magique. On a eu les familles qui nous ont soutenues, ces femmes qui ont réagi à l’instinct de survie… En étant soutenues, on a pu tenir. Par ces soignants, ces familles, ces aînés etc. »

Ton ressenti sur votre victoire ?

« Oui on a obtenu gain de cause. On n’a pas obtenu la revalorisation sur les primes du dimanche, salaires mais financièrement, c’était pas la priorité. La revendication salariale passe en dernier, on demandait surtout du personnel. Et sur cette victoire, je n’ai pas de mots, ce n’est pas de la magie, c’est exceptionnel. »


Enfin la soirée s’est clôturée avec le repas concocté par le Collectif Place des Fêtes en soutien au collectif La Vérité pour Adama dans un cadre convivial et amical.

 

 

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Mais pourquoi le rap de Blanc est si différent ?

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French rapper Aurelien Cotentin aka Orelsan celebrates after after receiving the best male artist award during the 33rd Victoires de la Musique, the annual French music awards ceremony, on February 9, 2018 at the Seine Musicale concert hall in Boulogne-Billancourt, on the outskirts of Paris. / AFP PHOTO / Thomas SAMSON
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Aujourd’hui, nous écoutons avec joie et bonne humeur de nombreux rappeurs: JuL, PNL, Booba, Niska, Sofiane…le nombre de rappeurs se multiplient et pas seulement en France, mais partout dans le monde…


Le rap est né dans les années 1970 avec le Hip Hop qui était propre aux Etats-Unis, plus spécifiquement à la population noire américaine. Le rap est utilisé pour dénoncer la société actuelle, le système et en particulier les violences policières. On appelle cela le « rap conscient », en parallèle s’est développé aussi le « rap commercial », qui ne se concentre pas à dénoncer mais qui joue surtout sur la sonorité, l’autotune, les effets musicaux afin de pouvoir se propager dans les boîtes de nuits.

Nous avons aussi une différence entre le rap qui vient des quartiers populaires surnommé « rap de Banlieusard » et le « rap de Blanc ». Même s’il est difficile de faire une telle catégorisation, ces deux raps décrivent une réalité parfois similaires, mais qualitativement différente. Ce Rap de Banlieusard a été longtemps représenté par Passi, NTM, Kery James ou encore Kamelancien. Quant au Rap de Blanc, il est aujourd’hui représenté par Orelsan, Vald, Seth Gueko ou encore Bigflo & Oli. Cette distinction peut être poreuse et n’est pas basée uniquement sur la couleur de peau (bien que cet élément joue un rôle), il y a aussi du ressenti, du vécu, de message, d’histoire, de code, de classe. En conséquence, ces deux types de raps, ne toucheront pas le même public et ne porteront pas le même message. Il est également important de noter que ces deux types de raps ne se définissent pas facilement. Comme nous allons le voir, il y a une difficulté à les définir précisément. Notre démarche va consister à prendre 2 rappeurs avec 2 musiques importantes (en terme de popularité) afin de pouvoir établir les différences que nous pouvons trouver (parmi les dizaines et les dizaines de rappeurs ayant été écoutés, nous avons sélectionné ce qui est le plus représentatif du courant). Nous pourrons identifier les tendances et la véritable différence qui explique un décalage entre ces deux raps.

Le Rap de Banlieue: un Rap conscient, porteur d’une revendication sociale !

Dans le « rap de banlieue », les thèmes abordés sont nombreux: politique, médias, néocolonialisme, famille, communauté, pauvreté, argent, quartiers populaires, prison et évidemment les violences policières. Le but est de pouvoir peindre la réalité des inégalités et de la dénoncer.

On s’axe souvent sur une critique systémique, ici le système est vu comme étant la cause des inégalités. Par exemple, Kery James dans « Racailles » fait une critique du système en disant : « Vous n’avez jamais connu la précarité. Vous vivez à l’écart de nos réalités », cette phrase est significative. L’inégalité est vécue et subie, elle est dénoncée avec émotion, on ne cherche pas à rationaliser ni relativiser mais surtout à inverser le rapport de force, de domination. L’inégalité vécue et dénoncée telle qu’elle est, c’est aussi ce que l’on retrouve dans les paroles de Kamelancien dans « Retour de flamme » qui nous dit: « Ils nous ont mis entre malheureux » évoquant le fait que l’immigration a été mis dans des « ghettos ». D’autre part, le rap ne prend pas une place particulière dans l’échiquier politique, on ne peut pas parler de rap de « gauche » ou de « droite » et Kery James le fait bien remarquer en disant cela : « Racailles ! Républicains ou PS », la responsabilité des malheurs des uns et des autres vient des politiques inadaptées aux réalités des banlieues. Plus loin, dans la même musique, Kery James ne se contente plus de se défendre, mais aussi d’attaquer les politiques. Il va affirmer l’idée suivante « Les mêmes promesses, les mêmes mensonges
Les mêmes tapent dans la caisse, les mêmes plongent » faisant référence à des affaires de corruption puis va énumérer les noms des principaux accusés: « Lequel d’entre eux peut jeter la pierre à Cahuzac ? Racailles ! Claude Guéant, Racailles !, Balkany, Racailles !, Jean-François Copé, Racailles ! ».

« Nous sommes dans une inversion des rapports de domination… »

Être nominatif permet d’avancer des preuves de ce qui est avancé, se positionner dans une posture de connaisseur, et d’éviter de faire des généralités à partir d’une idée préconçue. À la fin, Kery James termine en affirmant explicitement que les politiques sont des voyous: « En costume-cravate sont les vrais voyous Vous ne croyez plus en rien, plus personne croit en vous ». Nous sommes dans une inversion des rapports de domination, Kery James attire l’attention en donnant un qualificatif à ce groupe de politique, celui de la « racaille », des « voyous », car ces derniers commettent tout autant des délits, des infractions, des crimes seulement, ils sont minimisés du fait d’être dominant.

Pour résumer, Kery James dénonce les inégalités, transfert la responsabilité aux politiques de gauche et de droite, accuse les politiques de vol et finit par inverser les rapports de dominations au profit des malheureux. Dénonciation, accusation, inversion, sont les mots qui désignent bien ce rap que nous offre Kery James sur le système.

Le thème de la prison est aussi évoqué dans ce rap. « Le maton me guette » (1997) de Passi est intéressant dans la description de la vie en prison et de la garde à vue ainsi que du rapport entretenu avec la police. Dans ce rap, Passi relate la vie lors des arrestations conduisant à une garde à vue et à la prison. Nous avons 3 idées évoquées dans ce clip: l’idée de délaissement dans la prison, de la famille qui nous soutient, et la violence systémique. D’abord, nous allons traiter du délaissement dans la prison qui est longuement traité par Passi.

« la prison de Fresnes est symbolique d’un système pénitencier violent, sale, délaissé… »

En effet, Passi nous décrit la prison comme étant un lieu déshumanisant. Par exemple, il nous dit : « Il est vingt heures, mon matricule 49203. J’entre en cellule, D128, la porte claque, mon coeur bat. Mon cousin 49204 me parle de dates, me mate ». La prison nous enlève notre individualité, nous ne sommes que des nombres rejoignant d’autres nombres, les relations que l’on entretient avec d’autres humains ne sont que des relations froides sans pouvoir les connaître en profondeur. La prison est en elle-même délaissée, sale et lugubre. Passi nous dit : « Première nuit, matelas pourri, lits superposés. Carreaux cassés, des rats passent sous mes pieds ». Rappelons que ceci n’a toujours pas changé, à ce titre, la prison de Fresnes est symbolique d’un système pénitencier violent, sale, délaissé, déshumanisant (Passi fait référence à cette prison à la fin). Street Press relate les témoignages de 20 détenus à Fresnes. Un autre aspect important est celui de la famille. Il y a un rapport de proximité avec la famille qui soutient le prisonnier et qui ne l’abandonne pas. « Ma famille et mes proches en soutien principal », un détenu n’a que sa famille et ses ami.e.s pour pouvoir obtenir du soutien, du réconfort. La famille soutient le détenu jusqu’au bout, Passi le fait remarquer : « À toutes les familles qui attendaient au parloir », avec l’appui de sa famille qui offre un soutien moral, il y a aussi un soutien juridique pour permettre de mieux se défendre.

« La domination du maton, c’est une domination rationnelle-légale (voir Weber), d’une personne représentante de l’Etat… »

Enfin, nous avons le thème de la violence systémique représenté par la domination de la police et des tribunaux. C’est le thème central de ce rap puisqu’il s’intitule « le maton me guette », le maton est la/le gardien.ne de prison chargé de surveiller les prisonniers. Passi choisit de ne pas dire ce que fait le maton, il ne fait que de redire cette phrase: « le maton me guette ». La domination du maton, c’est une domination rationnelle-légale (voir Weber), d’une personne représentante de l’Etat, ayant un pouvoir sur les prisonniers et qui doit faire respecter des règles avec autorité. Une domination menant à une violence physique comme en témoigne ce fait survenu à la prison de Metz ou surveillant pénitentiel fait une clef de bras contre un détenu. Remarquons le laxisme de la justice pour une récidive venant de ce surveillant pénitencier ayant pris du sursis. Une autre violence systémique c’est aussi celle de la police auquel Passi dénonce : « Pin-Pon-Pin-Pon, les flics s’éclatent, roulent à fond ». Par le fait de tenir une position d’autorité exerçant de fait, une domination envers les citoyens, les policiers peuvent se permettre de pouvoir être au dessus des lois. Alors que ces derniers doivent au contraire faire respecter les lois. Passi y dénonce des policiers qui exercent un abus de pouvoir. Un abus de pouvoir qui, s’il est condamné, la justice fait preuve d’un même laxisme analogue à celui des gardiens de prison. Récemment, il y a eu l’affaire Adama suite à son interpellation à Beaumont-sur-Oise ou encore l’affaire Théo, l’un est mort, l’autre a été gravement blessé par les policiers ou les gendarmes. Dans ces deux affaires, nous voyons un laxisme de la justice qui ne condamne pas ou peu et/ou  relativise ces violences policières.

En bref, Passi dans ce rap nous amène à réfléchir sur la vie du détenu, des conditions dans lequel il est détenu, et du pouvoir exercé par la police ainsi que les surveillants pénitenciers.

Nous venons d’analyser deux raps importants concernant le système, des politiques aux policiers en passant par les gardiens de prison. Nous pouvons retenir de ces musiques, les caractéristiques suivantes:

– Les dénonciations sont multiples: pauvreté, système, inégalité..
– Ce qui est dénoncé est vécu.
– Les individus sont dominés.

Le rap de Blanc, qu-est-ce qu’apporte ce nouveau dans le game ?

Le rap de Blanc rejoint le rap de Banlieue dans la diversité des thèmes abordés: anti-système, pauvreté, inégalité, culture. Mais les similitudes semblent s’arrêter ici. Le traitement de ces thèmes sont différents, de plus, on notera un certain nihilisme de la part des rappeurs blancs évoquant souvent le suicide et la décadence de ce monde. Evidemment, le rap de Blanc n’est pas forcément « blanc » de peau ou ne vient pas forcément d’un milieu aisé, il y a tout autant de différences entre un Seth Gueko, un Big Flo & Oli à un Orelsan. Mais tous se rejoignent sur ces thèmes, le traitement qu’ils en font, le public touché. Le rap blanc par sa diffusion récente et ses nouveaux styles montre clairement que le domaine du rap évolue. Mais comment ce petit nouveau dans le ‘game’ arrive à se faire une place ? Qu’est-ce qui se dit dans ce rap ?

Nous allons commencer par Orelsan et un rap fait en 2011: « Suicide social ». Le titre est évocateur et nous sentons qu’Orelsan veut parler de tout ce qu’il a dans son cœur concernant cette société et ses individus avant d’en finir (spoiler: il n’a pas mis fin à sa vie, il s’est fait un max de thune). Il faut aussi contextualiser ce rap, il est sorti 2 ans après « Sale Pute » (un rap ayant créé une vive polémique), nous y reviendrons plus tard car c’est un détail important pour comprendre le « pourquoi » de ce rap.

« Il en vient à se demander comment Orelsan peut dénoncer les inégalités, la hiérarchie, le système capitaliste si son rap perpétue aussi le mépris de classe et le sexisme ? »

Dans un ton dénonciateur et « nihilisant », Orelsan veut rejeter les normes (« Aujourd’hui je mettrai ni ma chemise ni ma cravate »), ne pas être comme tout le monde (« Fini d’être une photocopie ») et chercher à dénoncer la société (« Mon dernier silence »). Orelsan veut se donner un coté subversif, de « rejet des normes », mais ce dernier n’a jamais été dans la norme du « métro/boulot/dodo », du prolétaire asservi par la hiérarchie bourgeoise. Dans son adolescence, Orelsan a exercé sa passion pour le rap et par la suite, il n’a fait que d’étudier (dont avoir le luxe d’aller dans une Université en Floride aux Etats-Unis) avant de se consacrer au rap. Orelsan continue et fait un lien implicite entre les cadres et les cadavres (« Adieu les jeunes cadres fraîchement diplômés. Qu’empileraient les cadavres pour arriver jusqu’au sommet »). C’est un lien contestable mais pas non plus infondé. En effet, Orelsan essaye de viser ceux qui percent dans la société et qui auront été susceptible d’adopter une vie individualiste, ne s’occupant que très peu des autres et qui n’agissent que par intérêt individuel, l’intérêt égoïste. Orelsan dénonce l’éthique capitaliste et ses méfaits sur la société. Evidemment, c’est intéressant et profond mais cela pose problème dans les paroles qui vont suivre : « Ça t’empêchera d’engraisser ta gamine affreuse. Qui se fera sauter par un pompier, qui va finir coiffeuse ». Il en vient à se demander comment Orelsan peut dénoncer les inégalités, la hiérarchie, le système capitaliste si son rap perpétue aussi le mépris de classe et le sexisme ? Deux formes d’exploitations liées au capitalisme dont profite Orelsan. Nous avons encore quelque chose d’intéressant plus loin : « Ces Parisiens, jamais contents, médisants. Faussement cultivés, à peine intelligents. Ces répliquants qui pensent avoir le monopole du bon goût. Qui regardent la province d’un œil méprisant ».

« Orelsan perpétue exactement les mêmes mécanismes de dominations que les politiques qu’il dénonce… »

On aurait pu penser qu’Orelsan écrit un rap « neutre » qui dénonce « tout » y compris ce qu’il est et d’où il vient. Pourtant, ici il dénonce l’attitude des Parisiens en effectuant une dualité avec les provinciaux mais ce dernier ne va pas non plus critiquer les provinciaux (il vient de Province), puis nous pouvons aussi y voir encore une contradiction quand nous savons qu’Orelsan habite désormais à Paris (et c’est certainement pas pour habiter à Barbes). Il y a des paroles qui viennent qui mélangent à la fois le racisme, le mépris de classe et qui défie frontalement le rap de banlieue: « Adieu les piranhas dans leur banlieue. Qui voient pas plus loin que le bout de leur haine au point qu’ils se bouffent entre eux. Qui deviennent agressifs une fois qu’ils sont à 12. Seuls ils lèveraient pas le petit doigt dans un combat de pouce. Adieu les jeunes moyens, les pires de tous ». Orelsan parle des « jeunes de banlieue » mais particulièrement les « piranhas » qui se « bouffent entre eux » et qui sont à « 12 ». Ce sont des préjugés non assumés explicitement sur les arabes et les noirs, la « racaille » comme dirait Sarkozy, le « bruit et les odeurs » comme dirait Chirac. Tous ces termes utilisés désignant des populations précises mais ne voulant pas utiliser les termes raciaux afin d’éviter de croire qu’ils sont « racistes ». Orelsan perpétue exactement les mêmes mécanismes de dominations des politiques qu’il dénonce dans ce même clip. De plus, notons encore un mépris de classe quand il s’agit de se moquer des jeunes qui n’ont pas eu la chance d’avoir un capital culturel suffisant, d’une mère institutrice, d’un père directeur de collège et qui n’ont pas eu le luxe d’étudier aux Etats-Unis. L’homophobie est aussi présente dans ce rap (« Qui voudraient me faire croire qu’être hétéro c’est à l’ancienne. Tellement tellement susceptibles. Pour prouver que t’es pas homophobe faudra bientôt que tu suces des types »). Orelsan ne fait que de s’opposer au militantisme LGBT en tronquant volontairement leur militantisme. Il véhicule l’idée que l’homosexualité est un effet de mode et que la société tourne autour des personnes homosexuelles.

« C’est la prétention d’Orelsan de penser faire un rap qui dénonce tout, au final, il s’éparpille… »

Enfin, nous avons sa conclusion, ses dernières paroles, ses derniers battements de cœur avant de mourir: « Adieu ces pseudo-artistes engagés. Pleins de banalités démagogues dans la trachée. Écouter des chanteurs faire la morale ça me fait chier. Essaie d’écrire des bonnes paroles avant de la prêcher. » (notons dans sa dernière phrase la transphobie présente: « De la première dame au dernier trav’ du pays! »). Il vise des personnes extérieures à lui et à son rap, à sa vision du monde, à ses réflexions. Quand il parle des pseudos artistes, il ne se mentionne pas, il parle des démagogues sans s’inclure, et pense prêcher des bonnes paroles. En fait, il y a un énorme soucis dans ce rap. C’est la prétention d’Orelsan de penser faire un rap qui dénonce tout, au final, il s’éparpille dans les différents thèmes, sans les maîtriser et sans réussir à dénoncer la société. Il pense se sortir de la domination, des normes, de la hiérarchie, de l’exploitation capitaliste mais il ne fait que de la perpétuer. Et ça, devant des dizaines de millions de personnes. Quand il va dénoncer le/la dominant.e, il va aussi dénoncer les dominé.e.s. C’est faussement égalitaire, le rapport de force est inégal, on ne peut pas traiter le dominé de la même manière que le dominant. Surtout si l’on occupe une position de dominant (Orelsan est un homme blanc de classe moyenne). Quand Orelsan parle des femmes, il ne va pas parler des hommes. Quand il va parler des homosexuels ou des lesbiennes il ne parlera pas des hétéros. Quand il va parler des noirs et des arabes, il ne parlera pas du Blanc. Il dénonce seulement le système capitaliste mais c’est parce qu’il est de classe moyenne qu’il arrive à dénoncer convenablement le capitalisme. Même ici, ça reste à relativiser avec le mépris de classe hallucinant dont il fait preuve (il est de classe moyenne et non de classe populaire en même temps). Même phénomène quand il dénonce les parisiens mais pas les provinciaux.

Mais qu’est-ce qu’en pense Orelsan de ce rap ? Aurait-il regretté de l’avoir écrit ?  Non. Il sortait d’une polémique après « Sale Pute ». Il était conscient de ce qu’il écrivait et ne le regrette pas : « Je n’ai pas d’autocensure, je ne me dis pas ça va provoquer une polémique, je ne le fais pas… au contraire, des fois, je me suis dit, ça ça les a un peu énervé, je me suis dit, là je vais appuyer pile à cet endroit-là un peu plus fort pour montrer que je pense avoir raison » d’après ce qu’il dit au Parisien 

À coté, nous avons un autre rappeur blanc d’origine grecque et écossaise, issu de la classe moyenne et ayant passé une partie de sa vie dans le 15ème arrondissement. Nekfeu alias Ken Samaras est un rappeur blanc parlant et cohabitant avec le « rap de banlieue » (on aurait pu aussi parler de Django ou de Vald). Nekfeu à la différence d’Orelsan va soutenir les banlieusards prolétaires dominé.e.s. Le clip « Le bruit de ma ville ft. Phénomène Bizness » est représentatif de son rap. Il y a 3 axes importants sur ce clip: la représentation du quartier, l’idée de liberté et le rassemblement.

« La vie en quartier n’est ici pas représentée de manière stéréotypée… »

Commençons par la représentation des quartier au sein de ce clip. Le clip commence par une série de plan montrant la ville sous ses différents aspects: travail, train s’ensuit un plan de Nekfeu, un matin en train de se réveiller. Nous avons la définition de la vie urbaine, le fameux « métro-boulot-dodo » retranscrivant une vie urbaine monotone, répétitif, ennuyeuse. L’ambiance parisienne est bien mise en avant cette série de plans où la couleur dominante est grise. Nekfeu va retrouver ses potes dans un endroit à Paris, des potes noirs ou arabes traînant en bande avec un look vestimentaire commun. À la différence des quartiers situés dans les banlieues, les quartiers parisiens sont plutôt étroits, peu espacés, et ayant peu d’espace vert. La « galère » est représentée comme l’activité principal, montrant que les quartiers populaires sont délaissés. Surtout à Paris, ou nous voyons une gentrification progressive importante donnant lieu à des situations ou les inégalités sont particulièrement visibles. La vie en quartier n’est ici pas représentée de manière stéréotypée (présence de violence). Outre cela, il y a l’idée de liberté qui est mise en avant par le refrain que Nekfeu chante: « J’me sens libre quand je t’écris quelques bribes de ma vie. Rapidement dispersées par le bruit de ma ville. J’ai appris que tout ce qui brille vaut pas le prix d’un ami. » Le rap est un moyen de pouvoir se sentir libre et de s’exiler de l’ambiance de quartier nous permettant de réfléchir sur ce qui a véritablement une valeur dans cette vie (opposition « brille » & « ami »). Pourquoi ? Qu’est-ce qui prend notre liberté quand nous vivons dans un quartier ? Nekfeu répond: « Force à toi si la son-pri te l’a pris, on est ensemble« . C’est la prison, un élément que nous avons développé plus haut et qui est une chose importante dans le quartier, c’est une violence systémique.

« Les policiers sont ceux qui te reprennent à la fois la liberté mais aussi le bonheur… »

L’idée de liberté est renforcée quand Nekfeu nous dit : « Force à toi si la son-pri te l’a pris, on est ensemble« , hormis les gens de son quartier, la nuit il n’y a personne et les policiers (ceux qui enlèvent la liberté) sont bien moins nombreux. Les policiers sont ceux qui te reprennent à la fois la liberté mais aussi le bonheur: « Et qu’elle te reprend avec un bruit d’balle ». Nekfeu ne cherche pas à relativiser mais à rejeter la responsabilité des inégalités présentes dans les quartiers non pas sur les individus mais sur le système dont le représentant est le policier. Enfin, le troisième axe important c’est celui du rassemblement. Le rassemblement prend une place prépondérante dans ce clip, nous avons déjà le fait que le clip est réalisé en featuring avec le rappeur Phénomène Bizness, Nekfeu est constamment entouré de ses potes mais une chose intéressante. Dans un plan, nous voyons un pote de Nekfeu avec habit ou il est écrit: « 1995 », nous voyons ce plan plusieurs fois. « 1995 » est un groupe de rap fondé en 2008 par Nekfeu, Akhenaton, Sneazzy et d’autres rappeurs du sud de Paris. Cela montre que Nekfeu, malgré son succès ne va pas oublier pour autant le quartier et qu’il préfère rassembler son quartier autour d’un clip.


En conclusion, cette analyse critique de ces deux types de rap nous montre plusieurs choses intéressantes. Le rap de Blanc et le rap de Banlieue ne sont pas des raps ayant une frontière précise permettant de démarquer systématiquement ce qui relève du rap de Blanc ou du Rap de Banlieue. Mais pour autant, peut-on dire qu’Orelsan fait du rap de Banlieue ? De même, pour Seth Gueko ? Nekfeu ? Ou encore Big Flo & Oli ? Ces derniers peuvent faire du rap de banlieue, l’exemple de Nekfeu nous le montre très bien. Pour autant, ce n’est pas parce qu’ils peuvent en faire de temps en temps, qu’ils font du rap de banlieue. La majorité des oeuvres venant de ces artistes montre que les rappeurs Blancs devront parler d’eux (==> Egotrip) avec des réflexions nihilistes. C’est un rap narcissique (sans jugement de valeur), qui intervient car il sera difficile de trouver l’inspi pour parler plus souvent de la banlieue. On remarque cela avec Vald et son clip « Autisme », « Strip », « Kid Cudi » et Big Flo & Oli avec « Alors alors » ou encore Orelsan et « Si seul ». C’est pour ça que ce n’est pas une division seulement raciale (à ce titre on aurait pu parler de « rap de rebeu » ou encore de « rap de renoi » même si des différences existent aussi entre les deux), mais surtout sociale (Banlieue vs Blanc). Blanc n’est pas seulement la représentation d’une couleur de peau ou d’une race sociale mais aussi la représentation des populations des classes moyennes et d’autres couches « supérieures » de la société ayant des goûts, des problèmes et des besoins différents. Le rap de Banlieue pense avant tout au groupe social, celui des classes ouvrières, des noirs et des arabes, à la famille, aux potes du quartier,  avant de penser à soi. En bref, la plus grande différence entre ces deux raps résident dans la dualité « Collectivisme/Individualisme », le Rap de Blanc est individualiste (penser à soi, à son individu) alors que le Rap de Banlieue est collectiviste (penser son groupe, au gens autour de nous).

Nous vous invitons à regarder cette critique humouristique du rap de Blanc par le journaliste Yerim Sar aka Spleenter :


Cet article n’a pas une vocation scientifique. Il n’est pas question de respecter des conventions telles que la neutralité ou l’absence des jugements de valeur.


Zakaria

Passionné de Transhumanisme, des Sciences Sociales et de Politique


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Commencer à écrire avec Khalid Mossayd

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« Il faut d’abord écrire et libérer ses mots, car le cœur a toujours quelque chose à dire. »
Après avoir écouté ces conseils de l’auteur Khalid Mossayd, vous n’aurez qu’une envie : ÉCRIRE.

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100 permis pour les sans permis

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C’est ce que propose l’association Agir Ensemble. Le permis de conduire à seulement 150€ pour 100 personnes issues de la Seine-Saint-Denis de quoi éveiller notre curiosité. On vous en parle en vidéo 🙂

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Makana FA, l’émancipation par le sport sur Robben Island

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Robben Island, 1966 — En plein Apartheid, les détenus politiques s’organisent et créent la Makana Football Association

“Tsamina mina, eh eh / Waka waka, eh eh / Tsamina mina zangalewa/ this time for Africa”

Back to 2010, année de la 1ère coupe du Monde de football organisée sur le continent africain. Il aura fallu attendre 80 ans pour que la plus prestigieuse des compétitions de sport collectif foule la terre des Mekhloufi, Weah, Drogba, Eto’o et les autres. C’est le 15 mai 2004, que l’Afrique du Sud est désigné comme pays organisateur, après son échec pour l’organisation de celle de 2006. Les regards du monde entier sont à nouveau tournés vers cette terre de sport, de ballon ovale (les Springboks sont sacrés champions du monde en 1995 face aux All Blacks) mais surtout terre d’Histoire, de luttes, de ségrégation de l’espace et des hommes.

L’équipe de football sud-africaine, je la découvre un soir d’octobre 1997 devant la télé face aux Bleus d’Aimé Jacquet. L’équipe de France remporte ce match amical (2–1) avant de retrouver les « Bafanas, Bafanas » durant la Coupe du Monde 1998. Les supporters de l’OM se souviendront de Pierre Issa, les esthètes de Bene Mc Carthy.

Pour les férus d’histoire, le football et l’Afrique du Sud c’est aussi la Makana Football Association créée en plein Apartheid par les prisonniers politiques détenus sur Robben Island. C’est au cœur même de cette prison naturelle à 10km au large du Cap, que l’initiative portée par Anthony Suze, Liso Sitoto, Marcus Solomons, Sedick Isaacs et Mark Shinner allait permettre aux prisonniers de s’organiser, faire équipe et disposer d’un espace dans lequel ils pourraient s’émanciper et oublier leur condition de détenu.

Makana FA, pour nous, par nous.

Guidés par leur passion et faisant preuve de courage et détermination, les prisonniers politiques vont, une fois par semaine pendant 3 ans, exiger de leur geôliers de pouvoir jouer au football. A l’extérieur, les pressions à l’encontre des autorités sud-africaines (exclusion du pays de la plupart des compétitions sportives internationales à partir de 1964 et surtout alerte de la Croix Rouge sur les conditions de vie des détenus) vont également favoriser une inflexion de l’administration pénitentiaire.

C’est en 1966 que la Makana FA fut fondée du nom du chef Xhosa disparu en tentant de fuir l’île au XIXème siècle. Les compétitions à l’intérieure de la prison purent s’organiser selon les règlements officiels de la FIFA dont les détenus avaient découvert l’existence - par hasard- dans la bibliothèque de la prison. A ce sujet, les archives retrouvées par Chuck Korr, spécialiste de l’histoire du sport et co-auteur du livre « More Than Just A Game: Football V Apartheid », font état de l’existence de 3 championnats, de trophées mais également d’amendes pour non-respect des règles du jeu. En dépit des conditions de détention extrêmement difficiles, auxquelles venaient s’ajouter parfois les divergences idéologiques et politiques entre le Congrès national africain d’un côté et le Congrès panafricain de l’autre, les détenus s’étaient structurés et se rassemblaient autour de la Makana FA.

L’Ecole des Champions

Les matchs avaient lieu les samedis et duraient 30 minutes. Sur le terrain, plusieurs joueurs allaient plus tard prendre en charge le destin politique de leur pays. Jacob Zuma, président de l’Afrique du Sud entre 2009 et 2018, était ainsi un « solide » défenseur lorsqu’il n’officiait pas en tant qu’arbitre. Nelson Mandela, qui a passé 18 de ses 27 ans d’incarcération sur Robben island, ainsi que Walter Sisulu et Ahmed Kathrada étaient cependant interdit de terrain et maintenu à l’isolement. Un mur avait été même érigé devant la cellule de celui qui dira plus tard que «le football, aussi bien que le rugby, le cricket et les autres sports collectifs, a le pouvoir de guérir les blessures».

Parmi les hommages qui ont marqué les détenus, celui de Ruud Gullit en 1987 avait une saveur particulière. En dédiant son ballon d’or à Nelson Mandela, il justifiait le rang de héros auquel les prisonniers l’avaient érigé. Par ses prouesses sur le terrain, beaucoup d’entre eux s’identifiaient en effet à lui jusqu’à arborer les mêmes dreadlocks.

More than just a game — more than just a story

C’est en juillet 2007 que la Makana FA est devenu le 1er membre d’honneur de la FIFA. Un long-métrage réalisé par Junaid Ahmed (More Than Just a Game) et qui revient sur cette incroyable, mais trop méconnue, histoire est sorti en novembre de la même année. Il ne faut néanmoins pas se méprendre, l’essentiel du temps des détenus politiques sur Robben Island était consacré à l’enseignement et à l’éducation politique. Rien ne pouvait arrêter leur quête incessante de savoir, pas même la répression des gardiens: étudier, écrire et transmettre dans la clandestinité…

La Makana FA a le mérite toutefois de mettre en évidence le caractère émancipateur et rassembleur du sport mais également sa forme contestataire et résistante. Le temps d’une rencontre, les prisonniers retrouvaient leur dignité humaine lorsque qu’ils renouaient avec des émotions qu’on essayait de leur ôter. Laisser éclater sa joie après une victoire, hurler sur son coéquipier pour qu’il se replace, l’encourager lorsqu’il rate une action décisive ou lui courir après pour l’enlacer dans les bras pour célébrer un but, tous ces moments qui font vous sentir en vie.

Et plus globalement, que dire de la volonté de ces hommes de s’auto-organiser, se structurer, créer leur propre espace de liberté pour faire de l’une des prisons les plus violentes au monde, un laboratoire politique et universitaire. Anticiper, préparer l’avenir donc, pour décrocher la victoire finale : l’abolition de l’Apartheid et la naissance de la Nation Arc En Ciel !

Article rédigé par Ahmed AIT BEN DAOUD

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UNE QUESTION-UN MOT x KHALID

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Auteur, compositeur, interprète et écrivain, découvrez le « une question-un mot » avec Khalid Mossayd. 😁

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STREET WORDS x OMAR-Maro Latek

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#StreetWords

Et si on commençait la semaine avec du sport, de la musique et beaucoup de motivation 🤔?

C’est dans notre dernier Street Words avec Omar aka Maro Latek, rappeur talentueux, étudiant et accessoirement champion de karaté à ses heures perdu. 🥋

Ps : ça vient de GARGES LES GONESSE 🔥🔥

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Rencontre avec Benjamin Nlomngan dit « Benjy la Malice »

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Nous avons eu la chance de rencontrer Benjamin Nlomngan, afin de lui poser quelques questions. Voici son interview.

Présente-toi ?

Je m’appelle Benjamin NLOMNGAN, j’ai 12 ans et je suis en 5ème. Depuis un peu plus de 3 ans, je me fais appeler BENJY la MALICE. J’ai pris ce pseudo lorsque j’ai créé ma chaîne YouTube humoristique à l’âge de 9 ans.

Je suis un « hyper hyper actif » qui aime relever des défis. J’aime naviguer entre plusieurs univers, la comédie, le stand-up, le rap mais aussi la réalisation.

D’où viens-tu ?

La tout de suite je sors du petit coin si tu veux savoir(Rires). Non plus sérieusement j’habite sur Vauréal.

Qu’est ce qui t’as poussé à devenir comédien ?

Je ne sais pas si on peut dire que je suis comédien. Mais en tout cas j’aime faire rire les gens. Au départ, je me définis plus comme un YouTubeur. Mais les choses évoluent. Ma mère était comédienne. Elle avait un duo comique qui s’appelait « VickxyetYvan ». Quand je la voyais sur scène, je me suis dit c’est ça que je veux faire. Et bizarrement, ma mère ne voulait pas que je fasse ça. Quand je lui disais, « Maman je voudrais devenir YouTuber », elle ne me disait jamais de la vie tu feras un truc artistique. Tu seras médecin comme le Dr Avery. Et un jour, elle a craqué. C’est d’ailleurs elle qui m’a créé ma chaîne YouTube.

« La scène qui a le plus marquée ma vie, c’est le JAMEL COMEDY KIDS » – Benjamin Nlomngan.

Sur quelles scènes tu t’es produit ?

J’aime bien la scène. Je me produis tous les jours devant une vingtaine de personne mais je ne comprends pas pourquoi les profs appellent ça du bavardage !

Plus sérieusement, je fais du théâtre depuis l’âge de 6 ans. J’ai fait comme tout le monde le spectacle de fin d’année. Mais la scène qui a marqué ma petite vie, c’est le Jamel Comedy Kids.

Grace à l’émission, j’ai eu la chance de me produire depuis près de 1000 personnes au Comédia. C’était vraiment fou. Et la cerise griotte sur le gâteau, j’ai joué devant mes deux idoles. Jamel et GAD ! Pur moment de ouf. Rien que d’en penser j’en ai la chair de poussins.

Après ça, j’ai aussi eu la chance de faire la première partie de grands comiques comme Kevin Razy, Moussa Dembélé ou David Desclos. Je vis un rêve tout habillé.

Est-ce que tu peux nous parler de ta rencontre avec Jamel ?

Jamel c’est comme un tonton pour moi. C’est vraiment quelqu’un de super avec un grand cœur.

Durant l’émission, il a mis tous les kids à l’aise c’était vraiment génial.

Grâce à l’émission j’ai pu être repérer pour des castings.

J’ai failli faire une pub pour Carambar et surtout j’ai tourné dans le film de Mohamed Hamidi « Jusqu’ici tout va bien ! » aux cotés de Gilles Lellouche et Malik Bentalha.

Pour le premier jour de tournage, Jamel m’a envoyé une vidéo d’encouragement. Ça m’a beaucoup touché.

« Jusqu’ici tout va bien ! ». Est-ce que tu peux nous parler du film ?

Liens émissions & interviews

« Jusqu’ici tout va bien » – Bande Annonce

Fred, joué par Gilles Lellouche est le PDG d’une agence de communication à Paris.

Après un contrôle fiscal, il est obligé d’installer son entreprise en banlieue.

Le film retrace l’installation de l’entreprise en banlieue et la cohabitation avec les « banlieusards », notamment Samy, joué par Malik Bentalha ou encore Isma, joué par moi-même.

C’est un film choc sur un vrai choc de culture entre deux univers et tout ça dans la bonne humeur.

Mais au final c’est le vivre ensemble qui gagne !

Comment s’est passé le tournage ?

C’était mon premier tournage et j’ai vraiment kiffé de ouf.

Mohamed Hamidi est un réalisateur vraiment très professionnel.

Il me donnait des conseils pour bien jouer les scènes même si j’étais un peu impressionné par le plateau, les caméras et de devoirs jouer avec de grands acteurs comme Gilles ou Malik.

Même si j’ai manqué quelques jours d’école, c’était un peu la récré sur le plateau avec mes potes de tournage. On s’est vraiment amusé.

J’ai vraiment aimé jouer le rôle de Isma, car c’est un personnage qui est différent de moi.

C’est vrai que moi aussi je suis un banlieusard, mais je suis plutôt un banlieusard « campagnard ». Autour de chez moi il y a les champs et la forêt.

La cité ce n’est pas vraiment un univers que je connais !

Quels sont tes projets ?

Je souhaite continuer à tourner dans des films et aussi jouer mon premier spectacle que j’ai écrit avec ma mère « Dans la Cour des grands ».

Je veux aussi continuer à faire des vidéos sur ma chaine YouTube car la réalisation est quelque chose que j’aime.

En tant que réalisateur, tu peux vraiment montrer ta vision des choses.

Mais mon rêve ultime c’est de jouer mon spectacle pour Netflix.

 

 

Liens émissions & interviews

« France 3 » – Interview

 

« Jamel Comedy Kids » – Extrait

https://www.facebook.com/benjylamaliceofficiel/videos/18332589 73358389/

 


 

Contacts

06 68 36 01 39

07 52 96 06 56

lajobbox@gmail.com

Facebook/Youtube : Benjy la malice

Instagram : Benjylamaliceoff

Snapchat : Benjy la malice

 

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Espoir & Création vous fait passer le BAFA

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Tu souhaites travailler dans l’animation ? encadrer des enfants ou des jeunes ?

Espoir & Création te propose de passer la formation générale BAFA, qui se déroulera dans nos locaux situés à Garges-les-Gonesse.

 

Rempli le formulaire via ce lien : https://forms.gle/pzXprR8K4EzLvpW3A

 

Une fois le formulaire rempli, viens récupérer ton dossier d’inscription à l’association, à l’adresse suivante :

 

15 rue Jacques Decour

95140 Garges les Gonesse

 

Du lundi au samedi, de 10h à 20h.

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STREET STORY x SIMON LÉVY – EMILIANO ZAPATA

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« Je préfère mourir debout que vivre à genoux ! » Ou encore « Pas de justice, pas de paix ! » Savez-vous qui est à l’origine de ces citations ?
Emiliano Zapata, un des plus grands révolutionnaires mexicains qui a marqué son pays et son époque, d’ailleurs cette année, c’est le centenaire de sa mort. L’occasion pour nous de vous faire découvrir ce révolutionnaire, mais aussi de comprendre la Révolution mexicaine qui ouvre le cycle des grandes révolutions.
Une présentation complète et synthétique de Simon Lévy, doctorant en science politique.

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STREET WORD x TRAINING WORK

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#ENTREPREUNARIAT

Ils s’appellent Djibrill, Mohamed et Ibrahim, ils ont 18, 22 et 24 ans et viennent de lancer leur marque de vêtement TRAINING WORK ! Au déla de simple vêtement, c’est une marque qui veut transmettre des valeurs et rassembler 🤝.

FORCE A NOUS 🤜

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Trophées de l’économie sociale et solidaire – Roissy Pays de France

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Récemment, nous avons reçu le prix coup de coeur pour les trophées de l’économie et sociale solidaire . Nous remercions la Communauté d’Agglomération Roissy Pays de France pour la considération et l’encouragement de nos actions 💪🏻

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