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Au-delà d’un simple témoignage, ce livre, Ma Mère patrie est un hymne d’amour. Un hymne d’amour à une femme, mais aussi une mère comme on ne peut en avoir qu’une. Généreuse, respectueuse et respectable, Fatima Charrihi laisse derrière elle un vide au sein de sa famille. Mais, à l’image de Hanane, la douleur de cette absence est atténuée par des valeurs éducatives et religieuses transmises par la mère partie. Ce livre est aussi un hymne d’amour à la France, un pays qui reste celui de Hanane et de sa famille malgré tout….


 

« Que nos feux d’artifices fassent plus de bruit que leurs fusils »

Pour éviter de dire que ce livre est triste, je dirais qu’il est émouvant, parce que Hanane arrive à alterner nostalgies, souvenirs et moments de joie. J’ai beaucoup apprécié le fait que les moments qui faisaient chialer ne durent jamais très longtemps. Des instants de gaîté improbables survenaient quand je m’y attendais le moins comme à l’arrivée de la famille à l’aéroport de Casa où on assiste à des petites blagues et éclats de rire entre frères et sœurs. Je pense que dans ce genre d’épreuve, c’est des moments comme ça qui confirment qu’on n’est pas seul. Réussir à avoir un petit moment de joie alors qu’on va enterrer sa mère est aussi une preuve qu’on accepte la sentence divine.

« Le vivre ensemble n’est pas une utopie, c’est le véritable défi du 21ème siècle »

Concernant la situation des musulmans en France, j’ai vraiment apprécié que Hanane fasse des comparaisons avec nos voisins européens et qu’elle réagisse à certains faits d’actualités et hostilités qui ont suivit cet horrible attentat de Nice comme le burkini, les déclarations limites des politiques ou encore l’islamophobie ambiante dans notre société.  Cela m’a conforté dans le fait que ce livre va au-delà du simple témoignage après un attentat. Malgré tout, je trouve triste que les musulmans en général doivent prouver la compatibilité de leur foi avec “valeurs de la République” et justifier qu’ils sont différents de ceux qui commettent des actes inhumains au nom de l’Islam. Au fil de ma lecture, j’ai eu l’impression d’assister à cette justification dans certains passages. Mais Hanane préfère parler de présentation plutôt que de justification. Parce que oui malheureusement beaucoup de non musulmans sont encore trop ignorants de la réalité de l’islam. Ce qui est aussi très regrettable c’est que certains musulmans soient perçus comme des exceptions dans la masse potentiellement “islamiste-intégriste-jihadiste-pianiste-cycliste“ (pour citer Samia Oresmane).

« Laisser ce message me fait du bien »

Quand on perd un être qui nous est cher, on essaye parfois de trouver des moyens de se rapprocher de lui. En plus d’évoquer la personne qui nous a quitté, pour beaucoup, cela se traduit par la reproduction de certaines habitudes. Et cette scène du jour de l’Aïd où Hanane appelle sa mère au téléphone m’a littéralement bouleversé. Si ce geste témoignait du manque qu’elle ressentait après qu’on lui ai arraché sa maman, la fin du message atteste encore une fois que malgré tout, Hanane place sa confiance en Dieu.

La première fois que je me suis rendu sur la tombe de mon père, je suis resté figé les mains derrière les cuisses. Comme paralysé, je ne voyais plus les nombreuses personnes autour de moi. A cet instant, je réalisais qu’il était vraiment parti, j’étais privé d’une envie qui m’aurait certainement rassuré. J’aurais aimé pouvoir voir mon père, l’embrasser et admirer la noblesse de son vissage avant qu’il ne soit enterré. La scène entre Hanane et sa mère après le rite funéraire était donc un peu spécial pour moi. Je me demandais : qu’est-ce que ça fait de toucher sa mère endormie pour toujours ?

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Ibrahim Ben Saïd Camara

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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