Mister Touch : FACE TO FACE

Aujourd’hui dans FACE TO FACE, on retrouve Adonais, danseur, model et promoteur de culture urbaine notamment à Garges. Mais au delà de toutes ces activités, Mistertouch est aussi un sapoloque avéré. En temoigne sa récente participation à la vidéo de Dycosh avec toute la B.E.S.F (Brigade d’Elite des Sappeurs de France). Cette interview fut l’occasion pour lui de rendre un chaleureux hommage à un autre artiste Ronan qui nous quitté il y a très peu. Que son âme repose en paix.

FACE TO FACE AVEC MISTER TOUCH

– FACE TO FACE AVEC MISTER TOUCH -Aujourd’hui dans FACE TO FACE, on retrouve Adonais, danseur, model et promoteur de culture urbaine notamment à Garge. Mais au delà de toutes ces activités, Mistertouch est aussi un sapoloque avéré. En temoigne sa récente participation à la vidéo de Dycosh avec toute la B.E.S.F (Brigade d’Elite des Sappeurs de France). Cet interview fut l’occasion pour lui de rendre un chaleureux hommage à un autre artiste Ronan qui nous quitté il y’a très peu. Que son âme repose en paix.

Publié par Urban Street Reporters sur jeudi 14 juillet 2016




Camilo : FACE TO FACE

Faire de la sociologie à travers la photographie, c’est le pari de Camilo León Quijano, ce jeune Colombien de 26 ans. Passé par l’Argentine, Madagascar ou encore l’Italie, Camilo a finalement posé ses bagages à Paris où il réside, mais aussi à Sarcelles où il réalise un projet dans le cadre de son doctorat. En découvrant nos travaux de manières croisées, nous avons décidé de faire un projet sur le thème de l’Euro dans nos quartiers

FACE TO FACE AVEC CAMILO

– FACE TO FACE AVEC CAMILO -Faire de la sociologie à travers la photographie, c’est le pari de Camilo León Quijano ce jeune Colombien de 26 ans. Passé par l’Argentine, Madagascar ou encore l’Italie, Camilo a finalement posé ses bagages à Paris où il réside, mais aussi à Sarcelles où il réalise un projet dans le cadre de son doctorat. En découvrant nos travaux de manières croisées, nous avons décidé de faire un projet sur le thème de l'Euro dans nos quartiers. Lors de la réalisation de cette interview avec Camilo, nous prédisions une victoire de l'Equipe de France en finale de cette coupe d'Europe. Réponse ce soir…

Publié par Urban Street Reporters sur dimanche 10 juillet 2016




Résumé d’une exposition marquante, signée USR

Mercredi 11 mai 2016. Un jour important pour nos jeunes reporters. Ils ont pu présenter leurs réalisations photographiques à l’occasion d’une exposition artistique.  Nous vous en parlons dès à présent. 


Pour une grande majorité de ces adolescents, l’appareil photo n’était jusqu’alors qu’un OVNI très coûteux et donc pas assez accessible. La photographie est un art que les jeunes apprécient beaucoup notamment grâce à leur relation avec leur téléphone. Aujourd’hui les jeunes se prennent en photo, racontent leur vie à travers la photo grâce aux smartphones. 

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Utilisation, possibilitées d’utilisation, philosophie autour de la photo : un monde totalement inconnu. Leur rencontre avec Linstable Photographie, lors d’une journée shooting dans leur quartier a été déterminante.

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Au fur et à mesure des heures, la peur d’être au centre de l’objectif s’estompait, la crainte de ne pas comprendre le fonctionnement de cette machine devenait de l’histoire ancienne.

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Inter-génération

Un amour grandissant pour cet art de figer l’espace-temps n’a fait que germer, s’intensifier de rencontres en rencontres. Session après session.

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Si bien qu’après seulement deux éditions d’URBAN STREET REPORTERS (se déroulant durant les vacances scolaires), les jeunes accompagnés des encadrants ont eu du mal à sélectionner les photos présentées à l’exposition.

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L'ile Seguin

L’exposition a eu lieu dans les centres sociaux Dulcie September et  Plein Midi situés à Garges-lès-Gonesse.

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Habitants de la ville, proches de nos encadrants, parents de nos jeunes reporters, municipalité, associations de proximités : tous étaient présent afin de soutenir le projet ainsi que ses jeunes protagonistes.

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La suite ? Exposer nos réalisations à travers l’ensemble des municipalités et galeries d’Île-de-France.

Potes d'un jour, potes de toujours

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De plus, des cartes postales sont désormais en vente (à partir de 5€) sur le webstore du site. Les sommes collectées serviront à subventionner les futurs projets d’URBAN STREET REPORTERS.

QUELQUES PHOTOS DU VERNISSAGE DE L’EXPOSITION PHOTOGRAPHIQUE (CI-DESSOUS) : 

Alors soutenez notre projet en achetant une ou plusieurs de nos cartes postales : c’est un petit pas pour vous, mais un grand pas pour urbanstreetreporters.com et ses jeunes qui s’investissent quasi-quotidiennement afin de donner une voix à ceux qui n’ont pas la possibilité de s’exprimer librement. Nous vous invitons à nous contacter par mail ou au 06 12 52 23 35 si vous voulez apporter de quelque manière que ce soit une pierre à l’édifice de notre projet. 

 




Interview musicale avec IZO

Izo DIOP est doué de goûts musicaux variés. Du Ministère AMER (rap) au Rita Mitsouko (pop-rock), il a su s’imposer comme l’un des musiciens les plus talentueux de sa génération. URBAN STREET REPORTERS est allé à sa rencontre.


Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Izo. J’ai grandi à Garges et j’ai notamment collaboré avec le Ministère A.M.E.R. et le Secteur Ä (groupes de rap français des années 1990).

Comment es-tu arrivé dans le milieu de la musique ?

Quand j’étais gamin, je me suis cassé la jambe en jouant au foot. Du coup, je n’avais plus rien à faire chez moi et comme ma mère m’avait déjà acheté une guitare grâce à mes cours au conservatoire, j’ai recommencé à en jouer. D’ailleurs, gros big up à Patrice Meyer, mon professeur de guitare.

Quel est ton niveau d’étude ?

J’ai arrêté en classe de terminale, sans obtenir le bac (rires). Mais à l’époque, c’était plus difficile !

Quelles ont été tes influences musicales ?

Au début, j’ai commencé avec le rock et le métal, car avant il y avait rien d’autre.

Qu’apprécies-tu le plus dans la musique ?

C’est le fait de pouvoir la partager avec le reste du monde.

Ta plus belle rencontre durant ta carrière ?

C’était avec les « Rita Mitsouko » un groupe français. J’ai travaillé avec eux entre 1997 et 2005. Mais plus globalement, toutes mes rencontres avec les musiciens ont été agréables.

Une journée type pour un musicien ?

Il en existe deux en fait : celle où je ne fais rien et celle comme aujourd’hui où je travaille de 11h à 00h. Quand tu rentres chez toi, tu es bien fatigué.

Un artiste qui t’a inspiré ?

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Comme je suis guitariste, je dirais Jimmy Hendrix.

Quelle a été ta première composition ?

Quand j’avais 12 ans, un truc tout pourri (rires).

Et celle dont tu es le plus fier ?

Quand j’avais un groupe de rap-métal nommé « Spik », mon titre préféré était « Exister ».

La musique t’a-t-elle déjà aidé dans les moments de galère ?

Oui, ça m’a permis de sortir des méandres de la rue et d’oublier une certaine précarité.

Quelqu’un t’a-t-il aidé à booster ta carrière ?

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Je dirais Kenzy, le fondateur du secteur A. Quand je suis sorti de prison, il m’a tendu la main.

Quelles sont tes futurs projets professionnels ?

Faire mon propre album. Je vais inviter les artistes avec lesquels j’ai le plus d’affinités. Mais il y aura uniquement mes propres compositions.

As-tu d’autres passions ?

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Le football. Je suis pour le PSG mais depuis que j’ai 8 ans, pas seulement depuis l’arrivée des qataris (rires).

Un conseil pour les jeunes qui souhaitent devenir artiste ?

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Ne pas lâcher les études. Car dans ce métier il faut un réseau et ce n’est pas facile.

Plutôt The Voice ou Nouvelle Star ?

Je préfère The Voice. Je trouve que c’est bien fait et qu’il y a du niveau dans ce genre d’émission. Mais au final, les gagnants ne vendent pas beaucoup. Le plus important, c’est de toucher un public.

Ton avis sur le rap « bling-bling » ?

Mais à la base le rap, c’est ça ! Regardez aux États-Unis. Le souci en France, c’est qu’on se prend au sérieux. Pour moi, le rap c’est juste un show et une fois que les gens auront compris ce principe, la question ne se posera plus.

Que penses-tu de Jul ?

J’aime bien. Quand ça marche, il faut toujours analyser un succès.

Que dirais-tu aux jeunes qui s’identifient aux rappeurs ?

Il faut faire attention. La base, c’est l’éducation des enfants. Je le répète, ce milieu c’est de la fiction.

Ton avis sur les « clashs » dans le rap, buzz ou pas buzz ?

Je ne pense pas que ce soit du buzz. Avec les réseaux sociaux, on est obligé de répondre étant donné l’ampleur que ça prend.

QUESTION FUN

Le style de musique que tu ne supportes pas ?

Aucun. Mais par contre, il y a des artistes que je n’aime pas. Par exemple, Philippe Katerine, je trouve qu’il ne sait pas chanter.

La chanson que tu écoutes en secret ?

Les génériques de dessins animés (rires) comme Goldorak ou encore les mystérieuses cités d’or.

Quel sera pour toi le tube de l’été 2016 ?

Je pense que LIM fera la différence. J’ai travaillé sur son album et il y a de bons titres.

Une chanson que tu chantes sous la douche ?

We are the world – USA for Africa

Enfin ou peut-on te suivre et quelle est ton  actualité ?

J’ai un compte Facebook : Izo Diop. Je ferai l’Olympia avec la Fouine le 24 mai prochain et je serai avec Lefa aux Mureaux.


 

 

 




Noé s’en est allé sur son arche #RIP

Jeune, beau, talentueux et intelligent. Noé c’était le genre de mec qui avait tout pour lui. Sensible à ceux qui l’entourent, peux-être trop, il a préféré mettre fin à ses jours le 29/02/2016. Urban Street Reporters a souhaité rendre hommage à cette belle âme à travers ses toiles et le regard de son ami d’enfance, Saïd EL BOUNDATI.


D’OÙ VENAIT NOE ET COMMENT A-T-IL COMMENCÉ AVEC LE STREET ART ?

Noé est né à Saint-Germain-en Laye puis il a vécu à Lille.

J’imagine que ce sont d’ailleurs les murs des voies ferrés de la région parisienne qui lui ont inspiré le graffe. Il est très vite passé du support papier aux murs. Il faisait même partie d’un crew qui s’appelait « OP CREW ».

 

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« NOE »

OÙ VOUS ÊTES-VOUS RENCONTRÉS ?

Je m’en souviens comme si c’était hier. J’ai vu un grand blond arriver dans la salle de sport de Marcq-en-Barœul (région Hauts-de-France) alors que je m’entraînais. Noé est venu naturellement vers le groupe. C’est alors que nous nous sommes mis à discuter de tout et de rien comme si nous étions de vieux amis qui se retrouvaient après plusieurs années. Cette ouverture d’esprit, cette gentillesse, cette bonté et cette intelligence qu’il exprimait, tout cela m’a tout de suite plu.

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 DEPUIS COMBIEN DE TEMPS CONNAISSAIS-TU NOÉ ?

Je connaissais Noé depuis une dizaine d’années. Nous étions aussi inséparables. Durant toutes ces années, Noé a été mon seul et véritable ami. Nous étions comme ces atomes qui exercent l’un envers l’autre des forces attractives. Deux atomes d’une même molécule. Quand l’un de nous s’absentait, l’autre le ressentait naturellement, chacun dépourvu d’une moitié.
J’ai toujours été subjugué par cette grande intelligence dont il était doté. Je le consultais vraiment pour tout. C’était une oreille attentive. Je me demandais comment en une fraction de seconde son cerveau pouvait bien emmagasiner autant d’informations. Il anticipait les conséquences afin de faire les bons choix.

PEUX-TU DÉCRIRE NOÉ SELON TES SOUVENIRS ?

C’était un homme unique, hors du commun, qui a eu un parcours atypique. C’était un artiste. Il aspirait à autre chose que ce à quoi la société le destinait. Il bouillonnait d’idées, vivait ses passions et croquait la vie à pleines dents. Noé était quelqu’un qui ne s’encombrait pas de préjugés et de mauvais esprit vis-à-vis des autres. Il acceptait chaque personne dans son unicité. C’était un acharné de la vie, il vivait ses passions à cent à l’heure et les partageait avec ceux qu’il aimait.

Il ne faisait rien à moitié, il était toujours déterminé à faire ce qu’il croyait juste et se donner à fond pour réaliser ses projets cela faisait de lui quelqu’un d’unique, un mec « space » mais qu’on aimait car il n’a jamais été méchant.

C’était un homme cultivé et entier qui ne portait pas de jugement envers les autres.

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SA PLUS BELLE QUALITÉ ?

Des qualités, il en avait tellement, c’était un homme tolérant qui savait mettre des couleurs dans la vie. Il ne mentait que pour dire aux filles au physique hasardeux qu’elles étaient très belles ! (rires)

Il vivait selon ses propres règles, libre d’esprit.

POURQUOI CE CHOIX DE S’EXPRIMER PAR L’ART ?

« Ce n’est pas l’histoire, mais l’art qui exprime la vraie vie” disait Nietzsche.

Noé était un être sensible qui exprimait ses sentiments, ses émotions par la peinture depuis son tout jeune âge.

Il avait un don pour la peinture. Ses toiles étaient uniques.

Parce qu’il était libre ! L’art n’avait pas de limite pour lui. Il ne se limitait pas non plus dans le choix de ses supports et de ses instruments : mur, toile, papier, crayon, bombes, marqueur peinture, acrylique, posca, stylo bille ! C’était quelque chose de très naturel et facile pour lui et ça lui était nécessaire. Je ne sais pas si c’était vraiment un choix de s’exprimer par l’art, je dirais qu’il s’agissait plus d’un besoin.

L’art était une partie de lui…

Le sourire d'un enfant vaut tout l'or du monde.

QUEL ÉTAIT SON RAPPORT AVEC LA CULTURE URBAINE ?

Il incarnait la culture urbaine par son style, ses graffes, la musique hip-hop et le sport qu’il pratiquait mais il ne se limitait pas à un style.

AVAIT-IL D’AUTRES PASSIONS QUE LE STREET ART ?

Noé était un passionné de la vie, il s’intéressait à beaucoup de choses. Il était très ouvert. Le cinéma était aussi une de ses passions. Il avait d’ailleurs choisi cette option au lycée. Il aimait beaucoup lire également. C’était un touche-à-tout, il écrivait, il s’était essayé à la photo et même à la guitare.

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A-T-IL SUIVI UNE FORMATION PARTICULIÈRE ?

C’était un « self made man ». Même s’il a fréquenté les beaux-arts de Tourcoing, je le vois comme un autodidacte.

EN MOYENNE COMBIEN DE TEMPS CONSACRAIT-IL À SA PASSION ?

"Le temps plein la tête" par Noe.
                                                         « Le temps plein la tête » par Noe.

Cela dépendait s’il travaillait sur une œuvre ou plusieurs comme la plupart du temps. Il lui arrivait de passer quelques jours sans dessiner par période mais sinon il dessinait quasiment chaque jour. Sur sa table, il y avait toujours des nouveaux dessins.

QUEL ÉTAIT LE MESSAGE DE SES ŒUVRES ?

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« Galacktikos » par Noe

Je n’ai pas le sentiment qu’il y ait eu un message commun parmi toutes ses œuvres. Il n’utilisait pas l’art au service de quelque chose, il dessinait ou peignait son monde, selon son état d’esprit.

L’idée principale était de partager son univers.

QUELLES ÉTAIENT SES INSPIRATIONS ?

Ses inspirations étaient variées : des rencontres, sa famille, sa grande sœur, ses amis. Tout ce qui l’entourait. Ses voyages, des paysages, ou des objets.

Il aimait beaucoup regarder le ciel, les étoiles aussi et tout ce qui est « cosmique » comme il disait. Parfois aussi, il était inspiré par des émotions très profondes et très personnelles. Certaines de ses œuvres sont très intimes.

Et puis quelque fois, un simple mot ou une simple couleur devenait son idée de base pour peindre une œuvre.

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« Errant au bord de l’eau »


QUELLE IMAGE RETIENS-TU DE SON VÉCU ?

Je ne garde que de très bons souvenirs. Noé était déterminé, ça n’a pas toujours été facile pour lui mais il a du se battre pour avancer. Il était plus ou moins difficile à suivre car il faisait plein de choses mais il gardait du temps pour les autres. Malgré son caractère parfois électrique, il avait un grand cœur.

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                         « Six séptembre 2012 »

AS-TU UN OU PLUSIEURS SOUVENIRS QUE TU VOUDRAIS PARTAGER AVEC NOS JEUNES REPORTERS ?

J’ai tant de souvenirs avec Noé, ce sont des trésors ! Si je devais en livrer un seul, ce serait celui-ci.

Je me souviens d’une fois où on a dessiné ensemble. Moi je ne sais pas dessiner. « Tout le monde sait dessiner » a-t-il dit. Il disait que tout le monde pouvait créer quelque chose avec des couleurs. J’ai dessiné pour passer du temps et lui faire plaisir, j’étais mal à l’aise au début et puis j’ai arrêté et je l’ai regardé faire. Je ne voyais pas ce qu’il dessinait car on était chacun de part et d’autre d’un pupitre. Je le regardais simplement se concentrer, passer d’une couleur à l’autre. Alors j’ai décidé de faire pareil… j’ai commencé à m’amuser, à ne plus réfléchir. A la fin, il a pris mon dessin, il m’a dit que ça ne pouvait jamais être si mal parce que dans tous les cas c’était mon œuvre. Que je l’avais faîte selon mon intuition et que donc tout le monde savait dessiner. Puis il a pris mon dessin et l’a amélioré. Forcément !

"Nebuchadnezzar"
                                                            « Nebuchadnezzar »

Quel message Noe aurait-il transmit à nos jeunes lecteurs, notamment ceux qui aspirent à se lancer dans l’art ?

Etre authentique !

Etre ouvert, Noé était très doué mais il apprenait encore en s’entourant, en écoutant. Il était très humble et ouvert aux autres.

Noé était simple, il avait plusieurs blazes, notamment pour le graff’ mais  la plupart du temps il signait ses œuvres simplement, comme un enfant  « Noé ».  

"Hybride"
                                                                         « Hybride »

Et toi, un message à transmettre ?

Ne manquez aucune occasion de dire aux gens qui comptent pour vous que vous les aimez.

Je tiens à remercier du fond du cœur toutes les personnes qui ont été bienveillantes envers lui. Plus particulièrement, Laura Khiter qui comptait beaucoup pour lui.

Je voudrais terminer avec cette citation :

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« Et nous ne sommes pas le plus injustes envers celui qui nous est antipathique, mais envers celui qui ne nous regarde en rien. Cependant, si tu as un ami qui souffre, sois un asile pour sa souffrance, mais en quelque sorte un lit dur, un lit de camp : c’est ainsi que tu lui seras le plus utile. Et si un ami te fait du mal, dis-lui : « Je te pardonne ce que tu m’as fait ; mais que tu te le sois fait à toi, — comment saurais-je pardonner cela ! » Ainsi parle tout grand amour : il surmonte même encore le pardon et la pitié. Il faut contenir son cœur ; car si on le laisse aller, combien vite on perd la tête ! Hélas, où fit-on sur la terre plus de folies que parmi ceux qui compatissent, et qu’est-ce qui fit plus de mal sur la terre que la folie de ceux qui compatissent ? Malheur à tous ceux qui aiment sans avoir une hauteur qui est au-dessus de leur pitié ! Ainsi me dit un jour le diable : « Dieu aussi a son enfer : c’est son amour pour les hommes. »

Friedrich NIETZSCHE


Vous pouvez retrouver les réalisations de Noe sur son site : 
HTTP://WWW.NOETOILES.FR/ 

Noé ne faisait pas de distinctions entre les couleurs, les religions. A notre tour de te saluer, en souhaitant nos plus sincères condoléances à sa famille, à ses proches. 

« Salut, salam, shalom » 




À la découverte de la COEXISTence par l’artiste Combo.

Dans un contexte social où les divisions communautaires sont palpables, URBAN STREET REPORTERS s’est aventuré à découvrir le travail d’un artiste prônant la coexistence de différentes cultures. Focus sur l’artiste Combo (« combinaison » en anglais).


Tout droit venu de Nice, l’artiste aux slogans décalés n’en est pas à sa première toile. Déjà 10 années qu’il exprime ses revendications par le biais du street art (art de rue). Paris, Nice, Tchernobyl, Hong Kong, Beyrouth, Tel Aviv : aucun mur ne résiste à sa plume.

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Tandis que certains individus tentent de créer un climat de division en commettant des attentats, des génocides et autres crimes contre l’humanité, Combo, 28 ans, fils d’un père albanais de confession chrétienne et d’une mère marocaine musulmane, ne laisse personne indifférent. Mais son art d’associer les symboles des trois religions monothéistes dérange certains. Et cela lui a valu malheureusement d’être victime, le 30 janvier 2015, d’une agression mais également de subir de nombreux détournements de ses messages 

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RER D, direction l’Institut du monde arabe avec nos jeunes reporters en herbe, bien déterminés à mettre un visage sur le mot « COEXISTENCE ».

Entre l’énergie débordante d’Olivier et d’Aboulaye, les moqueries de Layana et d’Alyssa, le calme apaisant d’Amel et les thèmes abordés par Zakaria, nos encadrants prennent le temps de mettre des mots sur le bon vivre ensemble.  Deux de ses fresques ne nous sont pas inconnues, en effet elles sont visibles sur une façade de la gare Garges-Sarcelles.

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Arrivés à destination, billets en main, la fouille par les vigiles est obligatoire et personne n’y échappe. On sent bien que les attentats de novembre 2015 sont passés par là ! Dans une salle sombre, les lampes illuminent les créations inspirantes de Combo. Nos reporters en herbe décryptent ces toiles tout en posant des questions aussi drôles qu’intelligentes. Un art familier qui rappelle des inscriptions grouillant dans leurs villes d’habitation respectives.

Fin de journée, retour à la maison, Jazz-Elisa (15 ans) avait au départ le sentiment que les créations de Combo partaient dans tous les sens mais en creusant un peu plus, elle y a trouvé un sens, celui de la coexistence. Un avis qui résume bien l’avis général du groupe.

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Rendez-vous à la prochaine sortie qui s’annonce pleine de sagesse et d’enseignement… À suivre.


PHOTOS PRISES LORS DE L’EXPOSITION « COEXIST », A L’INSTITUT DU MONDE ARABE : 

 




Entre l’anorexie et l’art, Souad GOJIF a fait un choix savoureux

Rencontre avec une femme touchante tant par son énergie que par son histoire.
Souad a su associer « art » et « thérapie » à travers ses toiles aux saveurs marocaines. Nous vous invitons à un voyage épicé au cœur d’un souk oriental.

Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Souad GOJIF, je suis artiste-peintre. A la différence de nombreux artistes peintres, je n’utilise pas de peinture mais des épices et des huiles. C’est ce qui me caractérise. Aujourd’hui, je suis la seule à être connue pour utiliser cette technique.

Pourquoi ce choix de devenir « la reine des toiles épicées » ?

Suite à une maladie dont j’ai été touché, l’anorexie mentale. Celle-ci m’empêchait de me nourrir. Les médecins ont longtemps cherché un remède, médicaments en plus de la thérapie, pour m’aider à venir au bout de cette maladie. Nous nous sommes dirigés vers l’art-thérapie.

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Comment as-tu trouvé un remède à ta maladie ?

Un jour j’ai rencontré un médecin généraliste qui m’a dit « il faudrait que tu représentes ce qui te dégoûte réellement dans l’alimentation ». Les odeurs culinaires ne m’inspiraient que du dégoût. C’est lors d’un mariage marocain que j’ai pris conscience de la source de ma maladie « les épices ». L’épice représente le goût, un légume, par exemple, sans épices est considéré comme « fade ».

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Depuis combien de temps travailles-tu avec cette technique?

Je travaille avec les épices depuis maintenant cinq ans sur des toiles de coton et/ou du lin. Un peu comme pour le henné d’une mariée, je mélange les épices avec des huiles naturelles. Avec le temps, j’ai développé ma méthode en ajoutant des matériaux spécifiques comme du sable, du gingembre, de la cannelle et de l’ambre.

Toiles réalisées par Souad, composées de gingembre, safran, paprika et de poivre noir. Elles sont actuellement exposées dans nos locaux.


L’art-thérapie t’a aidée à surmonter tes angoisses, RECOMMANDEs tu cette méthode pour aider les personnes atteintes d’anorexie?

« Il n y a pas un moyen ou un art qui soit déjà désigné d’avance pour aider à combattre telle ou telle maladie. Chacun doit puiser dans son histoire, ses envies, dans ce qui pourrait l’aider et ce qui lui est familier. Il n’y a pas une solution mais des moyens que l’on peut trouver dans l’art en laissant « parler » ses idées. Chacun peut découvrir dans l’art-thérapie un moyen de soulager ses maux.

Tu as en PARALLÈLE un MÉTIER prenant. à quel moment trouves-tu le temps de RÉALISER tes ŒUVRES? (Souad est attachée de presse )

Lorsque j’ai des périodes où je sens que je peux sombrer, je me mets à la peinture. La relation que j’ai avec les épices est complexe et contrariante . Il me faut beaucoup de concentration pour manipuler ces matériaux. La nuit je me sens plus à l’aise pour travailler. Je ne suis pas dérangée par le bruit et  mon imagination est beaucoup plus légère.

PEUt-ON CONSIDÉRER AUJOURD’HUI QUE TU ES GUÉRIE DE CETTE MALADIE?

Je suis guéris de l’anorexie sévère, où j’ai pu atteindre 38 kilos. J’ai dû être hospitalisée car je ne pouvais absolument plus insérer d’aliments dans ma bouche. Je souffre toujours de troubles alimentaires cela reste gérable.

« s’accrocher à la vie » ©linstable photographie. 

Beaucoup de jeunes filles s’identifient aux mannequins et se mettent en danger pour avoir une taille de guêpe. Quels conseils as-tu à leur donner ?

Il faut d’abord savoir qu’il y a différentes formes d’anorexies. Celle dont vous parlez est un peu mimétique. Ces jeunes ne sont pas conscients de la gravité et du danger de cette maladie. C’est une maladie qui peut être mortelle, qui peut provoquer des arrêts cardiaques. On peut plonger rapidement dans cette pathologie. Comme la plupart des troubles psychiatriques, celle-ci reste très difficile à guérir. Malheureusement, on tombe très rapidement dans l’anorexie mais il faut beaucoup de temps pour s’en relever. Il faut prendre conscience que ce n’est pas un régime ; le corps met énormément de temps à récupérer.

La représentation féminine dans la publicité est fausse. Une femme de 20 ans ne peut pas peser 40 kilos, procréer ou être en forme avec ce poids. D’ailleurs celles qui guérissent de l’anorexie ont souvent des problèmes pour avoir des enfants, le corps ayant subi un grand traumatisme.

Enfin si vous souffrez de boulimie, d’anorexie ou de troubles alimentaires quels qu’ils soient, je vous conseille avant tout d’en parler à vos proches, votre médecin, au psychologue scolaire, ou à prendre contact avec des associations spécialisées. Je trouve que l’anorexie est vulgarisée, il faut savoir d’où provient ce trouble qui cache parfois un malaise plus profond. N’ayez pas honte d’en parler et n’hésitez pas à avoir recours à une thérapie.


Si on lèche ta peinture y a t’il un goût particulier?

(rires) Figure-toi que sur mes premières toiles, on peut encore sentir la cannelle et le poivre malgré le temps qui passe. Elles ont posé problème car elles pouvaient sentir durant plusieurs jours.  Aujourd’hui, j’utilise des matériaux plus artificiels et sophistiqués, tu ressentiras donc moins les goûts.

J’ai exposé également dans des écoles de motricités où il y avait des non-voyants. Cela leur a permis de toucher et de sentir les toiles. Ces enfants m’ont aidée à faire évoluer mes réalisations.

Espoir et création a souhaité présenter les toiles de Souad aux jeunes de l’Institut de Motricité Madeleine FOCKENBERGHE de Gonesse.

Ils ont été fascinés par l’histoire de ces toiles et des techniques utilisées. Une rencontre avec Souad et ces jeunes est prévue dans les semaines à venir.

Que pensent tes parents de ce choix ?

Depuis mon enfance, je suis une « touche à tout ». Cela les faisaient rire de me voir commander des épices du Maroc (rires). C’était le nouvel hobby de leur fille, ils ont pris conscience de l’envergure de ma passion lorsque j’ai commencé à organiser des expositions. Ils continuent de me soutenir en assistant à chacun de mes événements.

Bonne vivante, Souad ne s’est pas faite prier pour danser en pleine rue avec nos jeunes.

QUELS SONT LES AVANTAGES D’ÊTRE UN ARTISTE/PEINTRE ?

L’avantage pour moi est que cela me fait du bien. Je parle de l’art-thérapie qui me parait être un peu comme un monde parallèle. Un monde où je peux m’exprimer librement. Quand on est dedans, on va de l’avant et on entre dans un milieu particulier, celui du marché de l’art. Mais l’avantage le plus important, c’est qu’on s’éclate (rires).

arrives-tu à vivres de cet art?

Actuellement non, mais j’ai un travail fixe à coté. C’est un choix et avant tout une passion qui me tient beaucoup à cœur. Je n’ai pas très envie de mélanger l’argent à cette passion. On m’a proposé d’exposer à New-York dans des grands salons d’art contemporain mais j’ai refusé. j’ai envie de garder cette petite partie pour moi.

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Quelle est ta vision de l’art aujourd’hui ?

Je me considère comme quelqu’un de novice, avec un bagage « scolaire » de par mes connaissances d’œuvres et d’artistes. Ce qui me dérange dans l’art, c’est qu’il n’est pas aussi universel que cela mais avant tout un monde où le business prime sur le reste. Certains artistes ont beaucoup de talent mais ne bénéficient pas de bons réseaux. L’art est vital donc ce n’est pas normal que l’on soit limité. On a deux formes d’arts : un art ouvert où l’imagination est libre et un art fermé que l’on retrouve dans les galeries, les musées…

enfin Où peut-on retrouver tes toiles ?

On peut retrouver mes dernières toiles sur le site www.souad-fejri.fr. Ces travaux ont été exposés en 2015 à l’Espace Pierre Cardin (en parallèle de la FIAC). J’expose principalement à Paris mais je serais ravie d’exposer dans vos locaux.


Quelques chiffres à retenir sur l’anorexie 

I – Près de 1,5% de la population féminine, de 15 à 35 ans souffrent de cette maladie en France (environ 230 000 femmes). 

II – Les jeunes de moins de 25 ans, avec 70 000 adolescents touchés qui correspondent à 60-70% des anorexiques.

III – 5 à 10% des anorexies entraînent une tentative de suicide ou le suicide tout simplement. 

IV – 170 000 adultes de 20 à 45 ans sont anorexiques, en France. 100 000 pour cause de vieillissement, 70 000 suite à l’évolution de notre société qui pousse à suivre des critères de beauté définis. 

V – 15000 décès par an des suites d’une anorexie ou d’une boulimie (chiffre en augmentation constante).

 




Rencontre avec l’animateur le plus cool du PAF

Animateur vedette de la télévision cryptée, personnage respecté et respectable de la culture urbaine : Raphäl YEM n’a pas suivi le parcours classique d’un journaliste. Bien que ne possédant pas de carte de presse, il a réussit à se faire une place de choix dans un milieu qui demande énormément de labeur, de sacrifices. Focus sur l’homme au chapeau.

Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Raphäl YEM, journaliste et animateur sur BET, MTV et France Ô. J’ai 35 ans.


Retrouvez Raphäl YEM sur BET France, disponible sur le câble. 


Quelles études as-tu fait ?

Je dis toujours que j’ai fais HEC (Haute étude du culot). Je n’ai pas fait d’école de journalisme car personne m’avait dit que l’état pouvait m’aider à financer mes études. Après mon bac L je suis allé à la fac j’ai commencé un master de sociologie que je n’ai pas terminé. Mais comme j’écrivais beaucoup d’articles, des rédactions m’ont appelé et c’est comme ça que j’ai commencé.

D’où vient cette passion pour le monde des médias ?

C’est une vocation. J’ai toujours eu envie de montrer des initiatives positives dans mon quartier à Aéroville dans la banlieue de Caen. Et le journalisme m’a paru le meilleur moyen de montrer la réalité de mon quotidien.

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Les dix ans du magazine FUMIGÈNE (crée par Raphal et ses potes journalistes).


Quels sont les avantages du métier de journaliste ?

J’ai rencontré un tas de personnes différentes, des célébrités et des de banlieuards(es), des provinciaux qui font avancer les choses.

Le monde de la télévision est-il aussi « cruel » qu’ on le pense ?

Oui. On ne peut pas réussir si on a pas de réseau. C’était très compliqué pour moi car je venais de province, je n’ai pas la même couleur de peau que les gens de la télé. Je n’ai pas un physique de beau gosse et je suis jeune. Au début pour m’en sortir j’ai crée mes propres médias (journaux, radio). Je ne cessais pas de proposer des choses quitte à ce qu’on me dise non à chaque fois. Mais je n’ai jamais rien lâché. Et maintenant ça fait 7 ans que ça marche bien pour moi.

Emission citoyenne co-animé par Raphal diffusée sur LCP et France O.


 

Une personne qui t’a inspiré ?

Ma mère. Elle a dû quitter le Cambodge en guerre pour éviter de se faire tuer ainsi que toute sa famille. C’est grâce à elle qu’on est en France depuis 1975 et j’essaie de la rendre fière dans ce que je fais.

Tes parents ont-ils toujours soutenu tes projets professionnels ?

Ils ne savaient pas très bien lire et parler le français. On n’avait pas cette culture de la lecture, le reflex d’écouter la radio. Mais oui ils m’ont toujours dit : “Fais ce que t’as envie tant que tu respectes les gens”. Ma mère a vraiment compris ce que je faisais quand elle m’a vu à la télévision. D’ailleurs elle m’a appelé en pleine émission en me demandant ce que je faisais là. (rires).

On t’a déjà reconnu dans la rue ?

Oui dans les transports ou les centres commerciaux en banlieue. Et c’est très agréable car les gens me prennent pour leur pote.

Le meilleur et le pire souvenir de ta carrière ?

Mes meilleurs souvenirs c’est tous les jours car quand j’étais gamin je n’aurais jamais imaginé me retrouver à la télévision et interviewer des personnalités comme Beyoncé ou Christiane Taubira. Et mon pire souvenir c’est quand je fais des sujets sur des gens qui vivent dans la rue car t’es impuissant. Mais il y a l’engagement associatif qui te permet d’aider ces personnes en galère.

Un rituel avant une émission ?

Non je n’en ai pas. Mais il y a un truc flippant c’est que maintenant je n’ai plus le trac que ce soit devant 30 ou 15 000 personnes, il paraît que ce n’est pas bien !

As-tu déjà eu peur devant un invité de marque ?

Oui lors d’une de mes premières interviews pour MTV il y a 5 ans. Je recevais le rappeur Booba. Et on me n’a pas vraiment briefé avant l’entretien. Du coup j’étais en stress total. Mais finalement ça s’est super bien passé.

 

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Le rappeur Booba ( son dernier album Nero Nemesis, disponible depuis le 4 décembre dernier)

Ton artiste préféré ?

Oxmo Puccino ! C’est l’un des premiers vrais rappeurs français derrière NTM. C’est quelqu’un qui a su faire évoluer sa musique et son écriture. C’est un mec qui vit avec son temps.

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Le emcee Oxmo Puccino (Son nouvel album Voix Lactée, disponible depuis le 13 novembre dernier)

 


Ta vision des médias d’aujourd’hui ?

A l’époque quand j’ai commencé, je travaillais dans le magazine papier. Maintenant c’est complètement différent il y a des émissions sur Snapchat (réseau social) les gens regardent les choses sur le web. Nous de notre coté on essaie de s’habituer à tout ça.

Quels conseils aurais-tu à donner aux jeunes de banlieue ?

En ce qui concerne le journalisme, créer vos propres médias ! Avec les réseaux sociaux ont peut faire pleins de choses. Par exemple sur Twitter des suites de tweets peuvent faire un article. Il y a également toutes les vidéos sur Youtube ou Dailymotion. Le Web c’est une vraie puissance car quand c’est cool il y a une vitalité et ça peut atteindre des milliers de personnes donc tout est possible.

Ton avis sur notre projet Urban Street Reporters ?

Ça a l’air mortel ! Des jeunes de Garges qui viennent jusqu’ici à Neuilly avec leurs micros et questions rencontrer les gens c’est fort. Bravo à vous car moi j’ai attendu d’être un peu plus vieux pour me lancer dans ce genre d’initiative.


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Qui dit journaliste cool, dit questions cool.


La meilleure chanson de 2016 à chanter sous la douche ?

“Sapés comme jamais” de Maître Gims et Niska. Car c’est un pote qui a fait la musique, Dany Synthé. Je suis fier de lui car il vient de nulle part et aujourd’hui ça marche pour lui, c’est cool.

 

https://www.youtube.com/watch?v=4bPGxLxogvw

La chanson que tu n’assumes pas ?

La même : « Sapés comme jamais » car dans la boîte où je bosse Maître Gims est considéré comme un rigolo. Alors que moi je pense au contraire qu’il a su capter un public large.

Une anecdote marrante à propos de ton métier ?

C’était avec la chanteuse Eva Simmons. J’ai fait une interview face à face avec elle. Et à la fin en me faisant un hug (câlin) elle était à deux doigts de m’embrasser. Moi surpris je lui ai demandé si elle voulait me pécho (rires).

Tu as déjà dansé sur du JuL ?

Oui avec lui il y a quelques jours. C’était lors d’une interview en mode JUL où il a dû choisir ses 15 clips favoris. D’ailleurs, ce mec déteste être interviewer et on a eu l’un des rares entretiens de l’artiste pour MTV. Il m’a appris à faire son signe.

https://www.youtube.com/watch?v=nnZL6l_LFp8

Quelle est la berceuse que tu chantes à ta fille ?

C’est honteux … C’est le titre « Coller la petite » de Franko (rires) ça l’endort !

Que penses tu des clichés sur les asiatiques ?

Comme tous les clichés, c’est des idées qu’on se fait. Par exemple pour les asiatiques on dit souvent qu’ils sont fourbes alors que je suis sympa, qu’ils mangent du riz bah j’ai envie de te dire comme les noirs (rires). Le seul cliché qui est vrai par rapport à moi c’est qu’en effet je bosse dans une cave ! Quand on voit mon studio, je suis obligé de l’admettre.

As-tu plus de succès avec les filles grâce à la télévision ?

Je n’ai pas un physique de beau gosse mais j’ai une telle personnalité que je pouvais leurs faire à l’envers. Et la mère de ma fille avec qui je vis continue de me promettre qu’elle ne savait pas que je faisais de la TV à notre rencontre.

On t’a déjà appelé Raphal Nem ?

Bien sûr au tribunal (rires) ! J’ai une anecdote concernant ma fille qui est née en mars dernier. Comme prénom on lui a choisi Iki mais la dame de la préfecture des Lilas avait refusé dans un premier temps en prétextant qu’il n’était pas adéquate. Mais au final, sa collègue l’a dissuadée et c’est passé.

Qu’est-ce qu’il y a sous ton chapeau ?

Un crâne d’œuf (rires). En faite je suis juste rasé. Mais à l’époque j’étais très mal habillé je n’avais pas de style. Et quand j’ai rencontré ma styliste Anne, elle m’a dit qu’il me fallait une signature. Et on a choisi le chapeau qui était à l’époque un accessoire rare à la télévision.


 




Rencontre avec Linstable Photographie

Nos jeunes reporters ont passé toute une journée avec Linstable photographie à se familiariser avec l’appareil photo et shooter leur environnement. Focus sur un talentueux photographe engagé qui s’est livré à nous, sans filtre. Une interview pleine d’enseignements et d’humanité.

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Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Jean-Michel, mon pseudonyme c’est Linstable Photographie et j’ai 38 ans. J’ai deux métiers celui d’éducateur auprès de jeunes âgés de 13 et 25 ans et celui de photographe depuis 5 ans.

Depuis quand es-tu passionné par la photographie ?

Ça fait très longtemps ! C’est avant tout un engagement.

Les avantages du métier de photographe ?

Pour ma part je suis indépendant. Mon avantage c’est la liberté. Néanmoins dans ce métier si tu n’as pas de contacts c’est difficile d’en vivre. D’où l’importance d’un second travail.

Une personne qui t’a inspiré dans ta carrière ?

Personne en particulier. Par contre j’ai un énorme respect pour les photographes qui couvrent les guerres à travers le monde.

Ta vision du monde de la photographie ?

Le domaine de la photo est composé de plusieurs univers. Il y a très peu de photographes de rue qui s’investissent artistiquement dans les quartiers populaires.

Pourquoi le choix du noir et blanc dans tes photos ?

Il s’est imposé à moi, c’était une évidence. Je suis quelqu’un de nostalgique et ce style de photo colle aussi aux années 50-60.

Tes parents ont-ils été d’accords avec tes différents choix professionnels ?

Je suis un grand garçon ! (rires) On va dire qu’ils n’ont pas eu le choix tant que je respectais les valeurs qu’ils m’ont transmis.

Ton meilleur souvenir ?

Une photo avec un sans-abri avec qui j’ai eu une grande discussion. Malheureusement il n’est plus de ce monde mais je garde une partie de lui avec moi.

Qui m’aime m’aide ©Linstable photographie.


 

Ton pire souvenir ?

Quand je vois ce qu’endure les sans-abri au quotidien ainsi que le manque de tolérance de certaines personnes.

Quand as-tu commencé ta carrière ?

En 2011 je me suis acheté un appareil même si ce n’était pas du haut de gamme. A cette période j’avais le temps de m’y consacrer pleinement.

A cause de ton métier tu n’as pas de femme ?

Qui te dit que je n’ai pas de femme ? (rires).

As-tu des projets pour l’avenir ?

Oui beaucoup mais ils ne sont pas en France. Je pense que j’ai fait le tour dans ce pays même si je n’ai pas tout vu.

On a été interpellés par tes photos sous la pluie, que représentent-elles ?

Oui j’adore ça, cela donne une atmosphère spéciale. Ce sont les plus belles photos que j’ai pris. Quand il pleut l’atmosphère est différente.

« Parfum d’automne » ©Linstable photographie.


Comment vivre de la photographie en partant de rien ?

Il faut commencer par acheter ton propre appareil photo et t’entraîner. Après c’est un milieu où il faut du piston, il faut connaître du monde. Pour la photo de rue c’est dur d’en vivre.

La plus belle photo que tu as pris et combien tes activités te rapporte en tant qu’amateur ?

Je suis professionnel mais honnêtement ça ne veut rien dire c’est une question de statut. Ma photo favorite c’est la petite fille avec sa pièce de 50 centimes car elle est symbolique. Pour l’aspect financier de mon travail ça dépend des gens qui se connectent sur mon site. Dès fois je peux toucher 200 euros comme 500 euros ou même rien du tout certains mois. Mon problème c’est que je ne fais pas assez de publicité mais c’est pas ce que je recherche.

« Le palais des glaces » ©Linstable photographie.

Quels conseils peux-tu donner aux jeunes  ?

Pour moi la jeunesse qu’elle soit de banlieue ou non c’est notre avenir. Déjà il faut absolument respecter les anciens, les valeurs se perdent de nos jours. Ensuite l’école reste la base, il faut se cultiver et ne pas rester qu’au quartier car trop de quartier tue le quartier !

Que penses-tu de notre projet Urban Street Reporters ?

C’est un très beau projet ! En ce moment on veut diviser la France en plusieurs parties comme si on ne pouvait pas s’unir. Il y a ce racisme qui reste encore présent et la banlieue est depuis les années 80 trop souvent stigmatisée. Ce projet est important car il part d’une intention saine avec des gens investis. Ce qui m’a tout de suite plu, c’est de voir des jeunes motivés et qui prônent des valeurs communes aux miennes.

 

« Moitié moitié » ©Linstable photographie 
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PHOTOS PRISES PAR NOS JEUNES RÉDACTEURS, DES DÉBUTS PROMETTEURS.

 


LES PHOTOS DE LA TEAM #URBANSTREETREPORTERS (PRISES PAR L’INSTABLE PHOTOGRAPHIE)