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Le prof d’EPS Florian Clément et le photographe Camilo Leòn Quijano montent un projet photographique avec les rugbywomen du collège Chantereine pour lutter contre les stéréotypes. Un projet qui s’est ponctué par une expo-photo grand format éphémère à Sarcelles.


« Je les ai suivis pendant un an chez elles, pendant les matchs et pendant les tournois »

Depuis 6 ans, Florian est professeur d’EPS au collège Chantereine. Dans ce collège de Sarcelles, il initie un groupe de fille au rugby qui va vouloir aller un peu plus loin dans ce ”sport de garçon”. « C’est un projet qui est né avec un groupe de fille que j’avais à l’AS de rugby au collège et qui avait envie de pratiquer au-delà du simple entraînement du mercredi après-midi » rappel-il. Avec leur professeur, les rugbywomen font des sorties, des matchs, participent à des tournois en France, mais aussi à l’étranger. « On est arrivé 4ème au championnat de France » rappelle fièrement Fatim 14 ans.

Quant à Camilo, c’est l’ancien basketteur Samuel Nadeau qui le met en contact avec Florian. Progressivement, le photographe et le professeur mettent en place ce projet qui va bien au-delà de la photographie.  Pendant plusieurs mois, le photographe également doctorant en sociologie va suivre les joueuses dans leur pratique du rugby, mais pas que. « Je les ai suivis pendant un an chez elle, pendant les matchs, pendant les tournois » explique Camilo. Cette proximité lui permet ainsi d’accéder à la vie privée de certaines filles.

Mais se familiariser avec l’objectif constamment posé sur soi n’est pas toujours chose aisée, surtout lorsqu’on n’a pas l’habitude de susciter d’intérêt. « Au début, c’était assez difficile parce qu’elles se cachaient de l’appareil ou faisaient des poses, mais Camilo avec sa personnalité et son approche a réussi à se faire accepter et faire partie du groupe » relate Florian. En effet, à 27 ans, le natif de Bogotá a déjà visité de nombreux pays et réalisé plusieurs projets photographiques. Un parcours et une expérience qui permettent à Camilo de rassurer les rugbywomen. Lindsay, 15 ans raconte : « Il nous a dit qu’il ne faut pas calculer l’objectif », et Fatim de poursuivre : « Il nous met grave à l’aise ! Il nous a montré ce qu’il a déjà fait à Madagascar, en Italie ou encore avec les enfants pendant la coupe d’Europe à Garges. »

« Le rugby est un sport de garçon »

Aujourd’hui, nombreux sont les stéréotypes à l’égard des femmes. Des expressions toutes faites qui sévissent dans le milieu du sport et notamment dans celui du rugby. Déjà, victimes de stigmatisation, ces stéréotypes se forgent encore plus auprès des jeunes filles des quartiers populaires. C’est pourquoi le projet photographique de Florian et Camilo a pour objectif de « plaquer les stéréotypes ». A 15 ans, pour Assa la capitaine de l’équipe, « plaquer les stéréotypes c’est montrer qu’un sport n’est pas réservé qu’à un seul genre, par exemple que le rugby, ce n’est pas que pour les garçons.  Ça nous valorise par ce qu’on vient de banlieue et en plus, on est des filles. »

Selon Camilo, la pratique du rugby prouve aux filles qu’elles peuvent tout faire. Pour le sociologue, c’est également un moyen de donner de l’espoir à ces filles pour combattre tous les stéréotypes auxquelles elles doivent faire face, qu’ils soient sexistes, racistes ou encore socio-culturels.

Pour Florian, l’enseignement du rugby est également un moyen de lier la pratique sportive à la citoyenneté. Pour lui, « c‘est assez simple, dans les valeurs du rugby, on retrouve toutes les valeurs de solidarité, de respect, de tolérance et d’engagement. Du coup, c’était facile à lier. »

« On a passé des bons moments…»

En plus du projet #LES RUGBYWOMEN, il faut rappeler que depuis deux ans, Camilo explore la ville de Sarcelles et ses habitants derrière son appareil. Commencer cette exposition dans sa ville d’adoption était donc une évidence pour le photographe.  « J’aurais pu faire cette expo ailleurs, mais je voulais d’abord le montrer à Sarcelles » affirmait-il. Le 1er juin dernier, un vernissage était ainsi organisé au sein du collège Chantereine pour présenter le projet au public. Les rugbywomen, Florian, Camilo, leurs familles, leurs amis, des Sarcellois, mais aussi de simples curieux, tous étaient au rendez-vous pour assister à cette première restitution pleine d’émotion. Résultat: 22 photos de 2 x 3 mètres et 3 x 4 mètre collées sur les murs du collège.

Pour Florian, c’est tout simplement « grandiose et les retours ne sont que positifs. Les gens sont satisfaits de voir la qualité des photos, en plus, la forme un peu originale des grands tirages à l’extérieur, c’est impressionnant et ça habille un peu le collège. Les élèves étaient ravis de voir ces photos qui décorent le collège. » « Franchement, les photos sont magnifiques, j’suis contente du résultat » poursuit Jania avec un brin de sérieux.

En plus de ces photos grands formats, une projection sonore était organisée lors de ce vernissage. Devant ces belles images qui défilent avec une bande sonore enregistrée lors des shootings, Lindsay, une des rugbywomen lâche naturellement « On a passé des bons moments. »


 

 

 

 

 

 

Ce vernissage avait aussi des allures de pot de départ pour Florian qui a obtenu sa mutation sur l’académie de Lyon. Malgré tout, le professeur d’EPS espère que le projet autour du rugby avec les filles continuera avec son successeur. « Je vais partir, mais j’espère que derrière il y aura des collègues investits pour poursuivre l’expérience avec un autre groupe, ou le même groupe » dit-il plein d’espoir.

Pour Camilo, #LES RUGBYWOMEN est un projet en cours qui sera exporté vers d’autres pays dont le premier sera la Colombie en septembre 2017…


Vous pouvez retrouver certaines photos de cette exposition et d’autres sur le site de Camilo  => http://www.camilo-leon.com

Adresse de l’exposition éphémère : Collège Chantereine – avenue de Chantereine, 95200 Sarcelles


Ibrahim Ben Saïd Camara


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