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Animateur vedette de la télévision cryptée, personnage respecté et respectable de la culture urbaine : Raphäl YEM n’a pas suivi le parcours classique d’un journaliste. Bien que ne possédant pas de carte de presse, il a réussit à se faire une place de choix dans un milieu qui demande énormément de labeur, de sacrifices. Focus sur l’homme au chapeau.

Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Raphäl YEM, journaliste et animateur sur BET, MTV et France Ô. J’ai 35 ans.


Retrouvez Raphäl YEM sur BET France, disponible sur le câble. 


Quelles études as-tu fait ?

Je dis toujours que j’ai fais HEC (Haute étude du culot). Je n’ai pas fait d’école de journalisme car personne m’avait dit que l’état pouvait m’aider à financer mes études. Après mon bac L je suis allé à la fac j’ai commencé un master de sociologie que je n’ai pas terminé. Mais comme j’écrivais beaucoup d’articles, des rédactions m’ont appelé et c’est comme ça que j’ai commencé.

D’où vient cette passion pour le monde des médias ?

C’est une vocation. J’ai toujours eu envie de montrer des initiatives positives dans mon quartier à Aéroville dans la banlieue de Caen. Et le journalisme m’a paru le meilleur moyen de montrer la réalité de mon quotidien.

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Les dix ans du magazine FUMIGÈNE (crée par Raphal et ses potes journalistes).


Quels sont les avantages du métier de journaliste ?

J’ai rencontré un tas de personnes différentes, des célébrités et des de banlieuards(es), des provinciaux qui font avancer les choses.

Le monde de la télévision est-il aussi « cruel » qu’ on le pense ?

Oui. On ne peut pas réussir si on a pas de réseau. C’était très compliqué pour moi car je venais de province, je n’ai pas la même couleur de peau que les gens de la télé. Je n’ai pas un physique de beau gosse et je suis jeune. Au début pour m’en sortir j’ai crée mes propres médias (journaux, radio). Je ne cessais pas de proposer des choses quitte à ce qu’on me dise non à chaque fois. Mais je n’ai jamais rien lâché. Et maintenant ça fait 7 ans que ça marche bien pour moi.

Emission citoyenne co-animé par Raphal diffusée sur LCP et France O.


 

Une personne qui t’a inspiré ?

Ma mère. Elle a dû quitter le Cambodge en guerre pour éviter de se faire tuer ainsi que toute sa famille. C’est grâce à elle qu’on est en France depuis 1975 et j’essaie de la rendre fière dans ce que je fais.

Tes parents ont-ils toujours soutenu tes projets professionnels ?

Ils ne savaient pas très bien lire et parler le français. On n’avait pas cette culture de la lecture, le reflex d’écouter la radio. Mais oui ils m’ont toujours dit : “Fais ce que t’as envie tant que tu respectes les gens”. Ma mère a vraiment compris ce que je faisais quand elle m’a vu à la télévision. D’ailleurs elle m’a appelé en pleine émission en me demandant ce que je faisais là. (rires).

On t’a déjà reconnu dans la rue ?

Oui dans les transports ou les centres commerciaux en banlieue. Et c’est très agréable car les gens me prennent pour leur pote.

Le meilleur et le pire souvenir de ta carrière ?

Mes meilleurs souvenirs c’est tous les jours car quand j’étais gamin je n’aurais jamais imaginé me retrouver à la télévision et interviewer des personnalités comme Beyoncé ou Christiane Taubira. Et mon pire souvenir c’est quand je fais des sujets sur des gens qui vivent dans la rue car t’es impuissant. Mais il y a l’engagement associatif qui te permet d’aider ces personnes en galère.

Un rituel avant une émission ?

Non je n’en ai pas. Mais il y a un truc flippant c’est que maintenant je n’ai plus le trac que ce soit devant 30 ou 15 000 personnes, il paraît que ce n’est pas bien !

As-tu déjà eu peur devant un invité de marque ?

Oui lors d’une de mes premières interviews pour MTV il y a 5 ans. Je recevais le rappeur Booba. Et on me n’a pas vraiment briefé avant l’entretien. Du coup j’étais en stress total. Mais finalement ça s’est super bien passé.

 

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Le rappeur Booba ( son dernier album Nero Nemesis, disponible depuis le 4 décembre dernier)

Ton artiste préféré ?

Oxmo Puccino ! C’est l’un des premiers vrais rappeurs français derrière NTM. C’est quelqu’un qui a su faire évoluer sa musique et son écriture. C’est un mec qui vit avec son temps.

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Le emcee Oxmo Puccino (Son nouvel album Voix Lactée, disponible depuis le 13 novembre dernier)

 


Ta vision des médias d’aujourd’hui ?

A l’époque quand j’ai commencé, je travaillais dans le magazine papier. Maintenant c’est complètement différent il y a des émissions sur Snapchat (réseau social) les gens regardent les choses sur le web. Nous de notre coté on essaie de s’habituer à tout ça.

Quels conseils aurais-tu à donner aux jeunes de banlieue ?

En ce qui concerne le journalisme, créer vos propres médias ! Avec les réseaux sociaux ont peut faire pleins de choses. Par exemple sur Twitter des suites de tweets peuvent faire un article. Il y a également toutes les vidéos sur Youtube ou Dailymotion. Le Web c’est une vraie puissance car quand c’est cool il y a une vitalité et ça peut atteindre des milliers de personnes donc tout est possible.

Ton avis sur notre projet Urban Street Reporters ?

Ça a l’air mortel ! Des jeunes de Garges qui viennent jusqu’ici à Neuilly avec leurs micros et questions rencontrer les gens c’est fort. Bravo à vous car moi j’ai attendu d’être un peu plus vieux pour me lancer dans ce genre d’initiative.


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Qui dit journaliste cool, dit questions cool.


La meilleure chanson de 2016 à chanter sous la douche ?

“Sapés comme jamais” de Maître Gims et Niska. Car c’est un pote qui a fait la musique, Dany Synthé. Je suis fier de lui car il vient de nulle part et aujourd’hui ça marche pour lui, c’est cool.

 

La chanson que tu n’assumes pas ?

La même : « Sapés comme jamais » car dans la boîte où je bosse Maître Gims est considéré comme un rigolo. Alors que moi je pense au contraire qu’il a su capter un public large.

Une anecdote marrante à propos de ton métier ?

C’était avec la chanteuse Eva Simmons. J’ai fait une interview face à face avec elle. Et à la fin en me faisant un hug (câlin) elle était à deux doigts de m’embrasser. Moi surpris je lui ai demandé si elle voulait me pécho (rires).

Tu as déjà dansé sur du JuL ?

Oui avec lui il y a quelques jours. C’était lors d’une interview en mode JUL où il a dû choisir ses 15 clips favoris. D’ailleurs, ce mec déteste être interviewer et on a eu l’un des rares entretiens de l’artiste pour MTV. Il m’a appris à faire son signe.

Quelle est la berceuse que tu chantes à ta fille ?

C’est honteux … C’est le titre « Coller la petite » de Franko (rires) ça l’endort !

Que penses tu des clichés sur les asiatiques ?

Comme tous les clichés, c’est des idées qu’on se fait. Par exemple pour les asiatiques on dit souvent qu’ils sont fourbes alors que je suis sympa, qu’ils mangent du riz bah j’ai envie de te dire comme les noirs (rires). Le seul cliché qui est vrai par rapport à moi c’est qu’en effet je bosse dans une cave ! Quand on voit mon studio, je suis obligé de l’admettre.

As-tu plus de succès avec les filles grâce à la télévision ?

Je n’ai pas un physique de beau gosse mais j’ai une telle personnalité que je pouvais leurs faire à l’envers. Et la mère de ma fille avec qui je vis continue de me promettre qu’elle ne savait pas que je faisais de la TV à notre rencontre.

On t’a déjà appelé Raphal Nem ?

Bien sûr au tribunal (rires) ! J’ai une anecdote concernant ma fille qui est née en mars dernier. Comme prénom on lui a choisi Iki mais la dame de la préfecture des Lilas avait refusé dans un premier temps en prétextant qu’il n’était pas adéquate. Mais au final, sa collègue l’a dissuadée et c’est passé.

Qu’est-ce qu’il y a sous ton chapeau ?

Un crâne d’œuf (rires). En faite je suis juste rasé. Mais à l’époque j’étais très mal habillé je n’avais pas de style. Et quand j’ai rencontré ma styliste Anne, elle m’a dit qu’il me fallait une signature. Et on a choisi le chapeau qui était à l’époque un accessoire rare à la télévision.


 

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